Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Des prix élevés en situation d’abondance – qu’en sera-t-il en situation de pénurie ?

16 février 2009



Dans son dernier rapport « Perspectives de récolte et situation alimentaire », l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dresse un constat inquiétant sur la situation alimentaire dans les pays pauvres. Malgré les records de production enregistrés cette année (près de 2 300 millions de tonnes de céréales produites en 2008 selon le rapport), les prix restent élevés, affectant le pouvoir d'achat des pays et des classes sociales les plus pauvres à travers la planète. Ainsi, en Afrique australe et en Amérique latine, les prix des denrées alimentaires de base ont continué à grimper ou n’ont pas régressé au cours des derniers mois, tandis qu’en Afrique de l’Ouest et de l’Est, les prix des produits alimentaires étaient largement au-dessus de leur niveau d’il y a un an, malgré une baisse sensible depuis septembre 2008.

Cette situation est inquiétante à plus d’un titre. Si les prix restent élevés en situation d’abondance, qu’en sera-t-il en effet en situation de pénurie ? D’après le rapport, en effet, la production céréalière mondiale en 2009 sera inférieure au niveau record atteint cette année. En Europe et aux Etats-Unis, les prévisionnistes estiment que moins de blé d’hiver sera planté à cause de la cherté des intrants (semis, graines, pesticides) ; dans les pays à faible revenu et qui manquent déjà de vivres de façon chronique, les perspectives sont encore plus sombres, en raison de conditions climatiques adverses – recul de la récolte de maïs en Afrique australe, sécheresse en Asie, pluies inadéquates en Inde.

Comme le souligne avec justesse Lennart Bage, président du Fonds international de développement agricole (FIDA), « il ne sert à rien de gloser sur de prétendus records de production » : d’une part parce que près d’un milliard de personnes souffrent toujours de la faim dans le monde, d’autre part parce que pour faire face à l’augmentation démographique, le terre devra doubler sa production alimentaire d’ici 2050. Or, rien n’est moins certain.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012