Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Des défis considérables attendent le nouveau Directeur général de la FAO

23 Janvier 2012



Le Brésilien José Graziano da Silva a pris ses fonctions en tant que Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) le 1er janvier dernier. Succédant à Jacques Diouf, il est le huitième Directeur général de la FAO, confirmant la montée en puissance des pays émergents au sein des instances internationales.

Cette nomination constitue une étape importante dans l’histoire de la FAO, et plus généralement de la gouvernance agricole mondiale. Durant son mandat de trois ans, prenant fin en juillet 2015, José Graziano da Silva devra en effet répondre à une série de défis cruciaux.

Tout d’abord, 2015 est l’année où, en théorie, les Objectifs du Millénaire pour le Développement lancé en 1995, auraient du être atteints, notamment pour le premier, qui consistait à réduire de moitié la proportion de personnes sous-alimentées. C’est loin d’être le cas puisque le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde est passé de 770 millions en 1995 à 925 millions en 2010 : la FAO va devoir multiplier considérablement ses efforts dans ce domaine.

Elle dispose d’un nouveau levier puisque les ministres de l’Agriculture des pays du G20, dans leur plan d’Action des 22 et 23 juin derniers, ont insisté sur le caractère « indispensable » d’une gouvernance mondiale forte et ont appelé la FAO à « jouer pleinement son rôle capital » en la matière et, pour ce faire, à « mettre en œuvre la réforme en cours pour améliorer son efficacité, sa transparence et son efficience »1.

Entrepris en 2008, suite à l’audit intitulé « la FAO, le défi du renouvellement »2 dans lequel les auteurs indiquaient l’urgence d’une réforme en profondeur de la FAO de manière à accroître l’efficacité des politiques menées, le processus de réforme s’est depuis accompagné d’un renforcement du caractère prescriptif de la FAO dans les enceintes de négociations agricoles internationales, facilité par un contexte particulièrement dégradé avec le dépassement en 2009 du seuil fatidique du milliard d’individus souffrant de la faim dans le monde.

Lors de sa première conférence de presse en qualité de Directeur général de la FAO, le 3 janvier dernier, José Graziano da Silva a déclaré qu’il s’emploierait à parachever cette réforme. Les trois années à venir seront donc fondamentales, tant pour la FAO que pour l’évolution de la gouvernance agricole mondiale.

1 Cf http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/2011-06-23_-_Plan_d_action_-_VFinale.pdf
2 Cf le rapport de l’Evaluation externe indépendante de la FAO, « Réforme de la FAO : le défi du renouveau » : http://www.fao.org/unfao/bodies/IEE-Working-Draft-Report/K0489F.pdf

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012