Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Déclaration de l’Inde à la conférence ministérielle de l’OMC à Buenos Aires



Gouvernement indien, Communiqué de presse, 12 Décembre 2017



La 11e conférence ministérielle de l’OMC s’est déroulée à Buenos Aires, dans un climat de tensions, les Etats-Unis contestant de plus en plus ouvertement le principe même du multilatéralisme. L’Inde, figure de proue des pays en voie de développement pour faire reconnaitre la légitimité des politiques de sécurité alimentaire basées le stockage public, a publié un communiqué
1 que nous reproduisons ci-dessous, dénonçant sans le nommer le gouvernement Trump dans sa stratégie de mise en échec d’un cycle déjà en état de mort clinique.

Dans son communiqué, l’Inde explique qu’il n’y aura eu en fait aucune discussion sur les principaux sujets sur la table alors même qu’il y a 2 ans à Nairobi plusieurs discussions sur le stockage avaient été mises en suspens jusqu’à ce nouveau rendez-vous. La volonté d’obstruction des Etats-Unis s’est manifestée également dans le renouvellement des experts mobilisés par l’organe de règlement des différends.

Ces derniers, comme le souligne l’IRIS
2, avaient envoyé Robert Lighthizer à la table des négociations. Cet ancien du département au commerce sous l’ère Reagan exprimait déjà ses vue en 2008 « Le pragmatisme du président Reagan contraste fortement avec les rêves utopiques des libre-échangistes », estimant que Reagan « avait toujours compris que la politique commerciale était simplement un outil pour construire un pays fort et indépendant avec une classe moyenne prospère ».

L’attitude des Américains vis-à-vis du multilatéralisme ne doit cependant pas être l’arbre qui cache la forêt des erreurs de l’OMC sur les sujets agricoles et alimentaires, et qui expliquaient l’enlisement du cycle de négociation bien avant l’élection de Trump. Persuadés du présupposé que les marchés agricoles se stabilisent d’eux-mêmes, les concepteurs des règles agricoles de l’OMC sont passés à côté de l’essentiel : la nécessaire coopération entre les principaux pays producteurs et la coordination de leurs politiques agricoles n’ont pas été réfléchies. Pour eux, ils suffisaient de saper voire de supprimer les politiques agricoles nationales pour que, par enchantement, les prix agricoles internationaux se stabilisent à leur niveau d’équilibre. La crise alimentaire de 2007/08 est depuis passée par là pour rappeler à la raison la plupart des pays qui réinvestissement depuis dans leur agriculture et leurs politiques agricoles. Aussi, la situation actuelle devrait être mise à profit pour penser les bases d’un nouveau multilatéralisme agricole qui prenne pleinement en compte les enjeux du 21ème siècle. L’Inde et ses partenaires sont dans cette logique, on ne peut pas en dire autant de l’UE qui pour l’heure semble tenir avec Trump une bonne excuse pour ne pas remettre en question une conception de la mondialisation en matière agricole issue des années 1990 qu’elle est désormais la seule à partager.

Frédéric Courleux



India has been participating in Ministerial Conference (MC)11 in good faith and in a spirit of constructive engagement. We have tried our best to engage with members in all formats. We have been proponents in several areas of work in the World Trade Organization (WTO), including public stockholding for food security purposes, agricultural Special Safeguard Mechanism, agricultural domestic support and E-commerce. We are committed to preserving and promoting the WTO and the multilateral trading system with a view to take the agreed agenda of the WTO forward.

Leading up to the Ministerial and at the Ministerial itself, India’s coalition partners have remained steadfast in their support not only for a permanent solution on public stockholding but also on other issues of interest to developing countries. India was supported by over a 100 WTO member countries on all agriculture issues including our proposal to set the direction of agriculture reforms by first eliminating the most trade-distorting form of subsidies used mainly by the rich developed countries. The 53-member African Group as well as a large number of developing countries have rallied around and firmly supported us in opposing rules on E-commerce and bringing in new issues such as Investment Facilitation and MSMEs into the WTO’s agenda.

Today in the agriculture negotiations in Buenos Aires, a major country stated categorically that they cannot agree to any permanent solution on the public stockholding issue at MC11. This has posed a severe threat to a successful conclusion of the Conference as there was a Ministerial mandate for a permanent solution by MC11. India is surprised and deeply disappointed that despite an overwhelming majority of Members reiterating it, a major member country has reneged on a commitment made two years ago to deliver a solution of critical importance for addressing hunger in some of the poorest countries of the world. This has the potential to irreversibly damage the credibility of the WTO as a Ministerial Decision of all countries present in Nairobi has not been honored.

India continues to participate in the efforts to draft a credible Ministerial Declaration. We are firm that any Ministerial Declaration must reaffirm the principles of the multilateral trading system, the completion of the Doha Development Agenda, the centrality of development and the availability of special and differential treatment and other concerns of developing countries.


1 http://commerce.gov.in/PressRelease.aspx?Id=6491
2 http://www.iris-france.org/104322-quel-avenir-pour-lomc-les-enjeux-de-la-conference-ministerielle-de-buenos-aires/


Haut de page
Paris, le vendredi 19 janvier 2018