Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

De plus en plus d’aliments « made in China ».

24 novembre 2008



D’après le ministère du Commerce de la République populaire de Chine1, les exportations chinoises de produits agricoles vers les Etats-Unis ont augmenté de 34,1 % et celles vers l'Union européenne de 25,4 % en 2006 ; des tendances similaires ont été observées en 2007. Cette expansion concerne essentiellement les produits dits « de première transformation », c’est-à-dire ceux qui sont destinés à la fabrication de produits transformés par l’industrie agroalimentaire : yaourts, confitures, jus de fruits ou plats cuisinés. Entre 25 et 30% du concentré de tomate utilisé en France vient aujourd’hui de Chine, selon l’Association nationale des fruits et légumes transformés (Anifelt)2. De même, une asperge sur deux est originaire de Chine, d’après Eric Marescassier, patron d’une société de négoce entre producteurs chinois et industriels européens3.

A cela, une seule raison : les coûts de production des produits agricoles, et notamment la main d’œuvre, défient toute concurrence, à l’instar de l’industrie. Si la communauté internationale peut tirer des bénéfices des prix moins chers, il ne faut cependant pas oublier que dans le domaine alimentaire, adopter la même stratégie que celle qui prévaut dans l’industrie comporte des dangers stratégiques.

D’une part, cela fait peser des risques en termes de sécurité alimentaire, car il ne faut pas oublier que les coûts de production particulièrement faibles des pays émergents, sont souvent obtenus au détriment de normes sociales, sanitaires et environnementales. Le récent scandale chinois du lait contaminé, et les cas d’ESB sur les viandes bovines brésiliennes sont là pour rappeler les dangers sanitaires d’une dépendance excessive aux produits alimentaires des pays émergents.

D’autre part, cela fait peser un risque en matière de sécurité d’approvisionnement : le fait que la Chine devienne « l’usine du monde » pour certaines industries de base comme le textile ne fait pas peser de risques majeurs en termes de sécurité nationale, dans la mesure où ce sont des produits de seconde nécessité ; en revanche, il n’en est pas de même pour les produits alimentaires, qui sont eux des produits vitaux. Que se passerait-il si demain si nous étions totalement dépendants des produits alimentaires de « première transformation » chinois et qu’un embargo était décrété ?

1 http://french.mofcom.gov.cn/aarticle/actualite/200701/20070104284211.html
2 Cité par Les Echos, « Importations chinoises : les produits alimentaires en forte augmentation », 24/11/08 d’après une dépêche AFP.
3 Idem.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012