Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

De la difficulté de mener des réformes en Agriculture

25 Mai 2015


Un récent rapport publié par la plateforme internationale d’information sur l’aide au développement, AidData, intitulé « The marketplace of ideas for policy change », souligne qu’il est plus facile de parvenir à des changements dans les domaines de la démocratie ou de la décentralisation que dans l’agriculture.

Les auteurs de l’étude expliquent ainsi qu’il est difficile pour les organisations de coopération internationale d’impulser des changements dans les politiques gouvernementales. Parmi les facteurs qui peuvent expliquer cette difficulté : la complexité des enjeux liés à la propriété foncière, l’action même des organisations internationales qui tendent à diriger les gouvernements dans des directions opposées.

Pourtant, 70% des pauvres et des sous-alimentés du monde vivent en milieu rural et sont principalement des paysans alors que 90% de l’économie de certains pays en développement repose sur l’agriculture. Cette dernière s’impose dès lors comme l’un des piliers de l’aide au développement.

Cette inertie dans la mise en place de réformes spécifiques aux enjeux agricoles et de sécurité alimentaire est inquiétante tant les risques endogènes et exogènes auxquels sont soumis les pays en développement de même que les pays industrialisés nécessitent un accompagnement de tous les instants.

Si depuis 2008, réduire l’hypervolatilité des prix et remédier à l’insécurité alimentaire sont devenues des priorités pour la communauté internationale, cette tâche s’avère complexe, notamment en raison d’une déconnexion croissante entre les politiques initiées et les actions réellement menées. L’urgence à mener des réformes structurelles en vue de mettre en place une gouvernance mondiale en matière de sécurité alimentaire n’en devient que plus impérative.

Ainsi, comme pour la démocratie, Il faut des règles qui encadrent en particulier les comportements induits par l’hypervolatilité des prix. Car une libéralisation aveugle qui ne prend pas en compte les spécificités de l’agriculture reviendrait finalement à imposer un cache-misère, reposant sur des modèles obsolètes et inadaptés aux réalités agricoles du XXIe siècle.

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Paris, le dimanche 24 septembre 2017