Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Crise laitière et disparition des quotas :
il est temps de réagir

12 Janvier 2015


Simon Coveney, ministre irlandais de l’agriculture, a dernièrement appelé l’Union européenne à la mise en place d’outils permettant à l’industrie laitière de l’UE de faire face à l’instabilité intrinsèque de ce secteur et finalement survivre à la disparition des quotas. Parmi les outils avancés par le ministre, des aides au stockage privé ou encore la mise en place de restitutions à l’exportation.

L’année 2015 selon Coveney promet d’être compliquée pour les marchés laitiers européens, contraints par un contexte géopolitique et de marché que l’on peine à maîtriser. Les prix aux producteurs devraient s’effondrer cette année alors qu’«ll y a aujourd'hui 6 milliards de litres de lait de trop sur le marché mondial. L'Union européenne a largement contribué à cette situation excédentaire », relève l'Association de la transformation laitière (Atla). En France, Les experts prévoient des baisses des cours comprises entre 10 et 20% selon les régions. Pour 1.000 litres de lait, le revenu pour l'éleveur pourrait passer de près de 360 euros à moins de 300 euros prochainement.

Simon Coveney n’est pas le seul en Europe à s’inquiéter de la situation, alors que certains évoquent une crise laitière imminente. Pour Stéphane le Foll, la fin des quotas laitiers en Europe, « doit être mieux préparée » et la production « mieux régulée », et ainsi « trouver des mécanismes pour éviter les chutes brutales des cours ».

La réaction du ministre irlandais de l’agriculture est plus globalement symptomatique non seulement d’un malaise au sein du secteur laitier mais d’une déconnexion croissante entre l’appréhension de ce secteur par Bruxelles et la réalité du terrain. Ainsi le Conseil agricole européen refuse pour l’heure de parler de crise, alors qu’un consensus peine à se dessiner sur les réponses à apporter à la disparition des quotas programmée pour le mois d'avril. Une annonce qui finalement rejoint celle du nouveau commissaire à l’agriculture Phil Hogan, pour qui la crise pourra être évitée.

Nous tentons depuis un peu plus d’un an d’apporter un éclairage sur la nouvelle réalité du secteur agricole européen, et laitier en l’occurrence, notamment dans le cadre de la nouvelle réforme de la PAC. Et force est bien d’admettre que les responsables bruxellois pratiquent encore trop souvent la stratégie d’évitement, alors qu’aujourd’hui plus que jamais, il est impératif de redonner à l’agriculture européenne un rôle géostratégique.


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Paris, le samedi 23 septembre 2017