Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Crise financière chinoise :
quel impact sur les marchés agricoles mondiaux ?

14 Septembre 2015


La Chine éternue et le monde s’enrhume... la chute continue de la Bourse chinoise, la dévaluation du yuan et le ralentissement de la croissance chinoise, font trembler les principales places financières occidentales. Quelles conséquences pour les marchés agricoles mondiaux ?

On le sait, l'empire du Milieu est le principal acheteur de matières premières de la planète et les cours de certaines matières premières agricoles sont intrinsèquement liés aux soubresauts économiques chinois. La Chine est ainsi devenue en 2012 le premier importateur de produits laitiers et achète depuis environ 10% de la production mondiale.

Les turbulences que traversent les marchés laitiers, de la Nouvelle-Zélande à l’Europe, sont ainsi en partie liées à la baisse de la demande chinoise qui a débuté bien avant le « lundi noir ». Sur les cinq premiers mois de l’année, relève Jean-Marc Chaumet de l’Institut de l’élevage (Idele), les achats de poudre (maigre et grasse) sont tombés à 314.000 tonnes, moitié moins que sur la même période en 2014. Pourtant, si la crise financière chinoise a eu un impact sur les cours agricoles mondiaux, elle ne fait qu’amplifier un mouvement à l’œuvre depuis plusieurs mois, lié davantage à l’état de surproduction dans laquelle se trouvent plusieurs marchés.

Finalement, le lien entre croissance chinoise et cours des matières premières ne repose pas sur la réalité de la demande chinoise mais sur la conjonction de risques endogènes et exogènes. La psychologie des intervenants sur les marchés agricoles financiarisés joue en effet un rôle de plus en plus important dans la formation et l’évolution des cours, contribuant à exacerber la volatilité structurelle des prix agricoles.

Les marchés agricoles sont donc désormais devenus des marchés d’anticipation complexe pour lesquels des mécanismes de régulation adéquats doivent être mis en place, visant surtout à accroître la transparence sur ces marchés et à mieux encadrer l’activité des acteurs financiers.

Car si la crise financière chinoise venait demain à impacter l’économie réelle, la libéralisation des marchés et l’absence de contrôle aura une fois de plus pour effet secondaire de contribuer largement à la propagation rapide de la crise à travers le monde. Comment assurerons-nous alors le maintien de notre sécurité alimentaire et de nos équilibres agricoles ?


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Paris, le lundi 25 septembre 2017