Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Conférence ministérielle de l’OMC à Nairobi :
veni, vidi, non vici...

4 Janvier 2016


Les 162 pays membres de l’OMC se sont réunis à Nairobi au Kenya du 15 au 18 décembre pour la 10e conférence ministérielle de l’Organisation. Alors que Roberto Azevedo espérait enfin y conclure le cycle de Doha, une fois de plus aucune avancée majeure n’y a été observée. Pire encore, l’épineux dossier agricole a été abordé a minima, hormis l’annonce de l’interdiction officielle des subventions aux exportations agricoles d’ici à 2018. Un arrangement qui s’apparente pourtant à un simple acte symbolique tant leur recours a quasiment disparu des politiques agricoles mondiales.

Ainsi, les deux autres piliers de la politique agricole, à savoir l’accès aux marchés et les soutiens internes, ont fait l’objet d’une omerta soigneusement orchestrée. Car ni les pays en développement ni les pays industrialisés ne sont prêts au consensus quand la libéralisation des échanges signifie également le démembrement de leurs politiques de soutien en faveur de leurs agricultures.

C’est finalement la mort du cycle de Doha qu’auront signé l’ensemble des ministres du commerce à Nairobi. Et c’est le dossier agricole qui l’aura enterré. Plus encore, le fait même que les négociations achoppent sur ce point est révélateur de l’importance stratégique que ce secteur revêt pour l’ensemble des pays du monde, développés comme en développement. Ces derniers sont en effet de moins en moins enclins à sacrifier leurs intérêts agricoles au profit de la conclusion d’un accord à l’OMC, ou d’un accord de libre-échange.

« Une route d’une nouvelle ère pour l’OMC s’est ouverte à Nairobi » avait déclaré le représentant des Etats-Unis, Michael Froman, lors de la Conférence. Pour l’heure, la seule route que beaucoup de pays membres de l’OMC préfèrent emprunter est celle des accords bilatéraux et de la création de grandes zones commerciales à l’instar du partenariat transatlantique. Mais là encore, quels sont les garde-fous qui permettront d’assurer les intérêts agricoles des uns autant que ceux des autres ?


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Paris, le samedi 23 septembre 2017