La FAO vient de reconduire pour trois années supplémentaires son projet « Sécurité alimentaire et commerce aux Caraïbes », réalisé en partenariat avec l’Italie. Ce projet, en cours depuis quatre ans, aide les 15 pays membres du CARICOM (acronyme de Caribbean Community désignant le marché commun regroupant les pays du bassin des Caraïbes) pour « promouvoir la sécurité alimentaire et tirer profit de la libéralisation ». Ces pays sont en effet particulièrement affectés par les effets de la libéralisation des échanges qui aggravent la vulnérabilité de leurs économies. Par la levée forcée de toutes les barrières commerciales, les marchés locaux s’exposent complètement à la concurrence du marché mondial alors même que les agricultures traditionnelles, vitales pour l’économie de ces pays, ne sont pas encore en mesure de rivaliser avec les productions bien plus compétitives des pays développés et émergents. Les exportations restent par ailleurs centrées sur un nombre très restreint de produits et sont handicapées par l’isolement géographique, un déficit cruel d’infrastructures, des surfaces agricoles limitées et une soumission totale à des aléas climatiques intenses tels que les ouragans. Fort de ce constat, la FAO a donc initié ce programme qui consiste à aborder la question de l’amélioration de la sécurité alimentaire non seulement sous l’angle de la production – en organisant de nombreux ateliers avec des agriculteurs et des opérateurs des filières agricoles sur des domaines relatif à l’irrigation, la lutte contre les ravageurs ou la gestion après récolte par exemple – mais aussi sous « la perspective cruciale des politiques et stratégies commerciales ». A cet égard, des formations et des conseils spécifiques sur les accords bilatéraux et multilatéraux ont été dispensés aux acteurs de façon à mieux aborder les négociations commerciales et plus particulièrement pouvoir mieux défendre le recours aux mécanismes des produits spéciaux et de sauvegarde au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce. Le MOMA rejoint la FAO sur l’analyse des effets dévastateurs qu’une libéralisation totale et non régulée des échanges peut engendrer. Renforcer le pouvoir de négociation des pays en développement, en particulier celui des pays les moins avancés, de façon à rééquilibrer les rapports de force s’exprimant au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce, apparaît également comme une nécessité première dans la quête d’une plus grande équité. Cependant, le MOMA veut aller plus loin en proposant une nouvelle approche des problématiques agricoles mondiales, en particulier celles relatives au commerce international. Les pays en développement, tels que ceux des Caraïbes, ne pourront tirer profit de la libéralisation que si des régulations sont instituées de façon à renforcer l’intégration régionale et stabiliser les prix dont la volatilité nuit au développement agricole. C’est sur la base de ces principes fondamentaux que le MOMA s’est construit et initie les conditions d’émergence d’une coopération mondiale renouvelée. |