Le 10 juin dernier, le Syrpa1 organisait un débat qui a réuni Hafez Ghanem, sous directeur de la FAO, Jacques Carles, délégué général de momagri et Patrick Messerlin, professeur à Sciences Po et membre du GEM. A cette occasion, Hafez Ghanem a dénoncé la sous-alimentation structurelle qui perdure dans le monde, aggravée par la crise financière. « Quand on pense à la crise financière, on pense tous à la banque Lazard, ou aux problèmes de General Motors, a-t-il souligné ; mais en fait, ceux qui souffrent le plus ce sont les pauvres. » Et la situation alimentaire mondiale risque d’empirer en 2050, sous l’effet de l’accroissement démographique. Or, est-ce qu’une situation où la production des produits alimentaires s’accroît uniquement dans le Nord pendant que la population s’accroît uniquement dans le Sud est tenable à long terme ? La réponse est non. Si bien qu’aujourd’hui, il est particulièrement essentiel de mettre en place des mesures qui permettent d’augmenter la production agricole comme la sécurité alimentaire. Et toute la difficulté est de concilier les deux, c’est-à-dire favoriser un investissement dans l’agriculture qui bénéficie avant tout aux populations locales. Cela passe en premier lieu par des mesures nationales d’incitation, mais ces dernières ne pourront être viables que si elles s’insèrent dans un cadre international stable. La question de la rentabilité de la production agricole dans tous les pays du monde est aujourd’hui une vraie question ; car la lutte contre la faim dans le monde ne pourra réussir que si les producteurs disposent d’incitations suffisantes pour produire en quantité et qualité suffisantes. 1 Le Syrpa est le Syndicat national des professionnels de la communication et des rédacteurs de la presse agricole. |