Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Chute du prix du pétrole :
quelles conséquences pour l’agriculture ?

16 Mars 2015


La Banque Mondiale vient de publier de nouveaux chiffres concernant l’évolution des marchés des matières premières. Pour l’Institution, le dévissage vertigineux du prix du baril de pétrole (perte de 45% de sa valeur depuis juin 2014) impacte et impactera les prix agricoles à la baisse, en particulier ceux des céréales et des oléoprotéagineux. Les prix agricoles vont en effet encore chuter de 5% en 2015, avec une baisse de 4% prévue pour les prix des céréales, avant de remonter en 2016.

Le marché pétrolier demeure ainsi un marché directeur et expliquerait ce repli entraîné par la baisse des coûts de production, de transports et des intrants et la poursuite du développement de la filière biocarburants, bien que la Banque Mondiale table sur la baisse de la consommation au profit du pétrole.

La poursuite de la chute du prix du baril aurait également un impact sur le comportement des grands acheteurs de blé à l’image de l’Egypte, de l’Algérie et de l’Iran dont la demande commence à se ralentir.

Pourtant, la formation des prix agricoles (et ceux du blé notamment) ne peut s’expliquer exclusivement par le prix du pétrole. L’histoire immédiate et passée l’a bien démontré, les marchés agricoles sont avant tout structurellement hypervolatils, avec des fluctuations à la hausse et à la baisse, et incertains. Force est surtout de constater que la sécurité alimentaire et l’agriculture sont devenues plus que jamais vulnérables non seulement aux chocs exogènes (aléas climatiques, choc macroéconomique…) mais également aux risques endogènes (financiarisation des marchés agricoles et aux comportements moutonniers sur les marchés…), qui font la spécificité des marchés agricoles contemporains.

L’année 2014 l’a démontré, l’année 2015 ne devrait pas le démentir : ces marchés sont ainsi tout aussi tributaires d’événements géopolitiques et géo-économiques comme l’embargo russe, la crise ukrainienne, les conflits au Moyen-Orient, et de phénomènes climatiques comme la sécheresse en Australie que de l’évolution des taux de change ou encore de la poursuite des activités spéculatives aux Etats Unis et en Europe.

Mais si l’incertitude est un acquis, il paraît cependant incontestable que nous assistons à la formation de nouveaux équilibres mondiaux, où les arrangements géopolitiques alimentaires deviendront une arme stratégique majeure, au même titre que l’arme pétrolière, avec tous les jeux de pouvoir et d’influence de même que les risques qu’elle induit.

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Paris, le samedi 23 septembre 2017