Dans une Tribune publiée le lundi 21 juin dans le quotidien Les Echos, la ministre française de l’Economie a rappelé qu’il est urgent et fondamental que l’Europe mette en place des mesures spécifiques pour réguler les marchés de dérivés de matières premières et empêcher ainsi une volatilité excessive et dangereuse.
« Alors que les produits dérivés ont été conçus au départ comme des instruments de couverture du risque, ils sont aujourd'hui une des causes de la forte volatilité des prix des matières premières », qui explique-t-elle, « constitue un frein à la stabilité financière et à la reprise ».
D’où sa proposition de faire bouger les lignes et d’instaurer des mesures d’encadrement européennes visant à mieux réguler les marchés. Par là, la ministre de l’Economie suit la logique de l’initiative américaine, l’administration Obama ayant déjà engagé une vaste réforme des marchés financiers. En avril dernier, la Commission de l’Agriculture du Sénat américain a en effet voté l’insertion d’un nouvel amendement visant à encadrer les marchés des produits dérivés, dont beaucoup ont pour sous-jacent les matières premières agricoles. La mesure phare de cet amendement ? Interdire les grandes banques d’affaires de ces marchés.
L’appel de Christine Lagarde confirme bien qu’il est aujourd’hui urgent de réguler les marchés financiarisés, notamment les marchés des matières premières et d’adopter des règles de gouvernance communes et un minimum compatibles entres elles. Ce sera tout l’enjeu du G20 qui se tiendra en France en 2011.
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