En pleine période de sécheresse1, un article publié par Courrier International2 dénonce les politiques d’irrigation inconsidérées pratiquées en Chine. D’après l’article en effet, les canaux d’irrigation ainsi que les réservoirs d’eaux donnent depuis déjà de nombreuses années la priorité à l’alimentation des grands ensembles industriels et des centres urbains. Particulièrement en période de sécheresse, où il devient impossible de satisfaire à la fois industriels, citadins et agriculteurs, comme le souligne Ma Gaoxiang, le responsable adjoint du bureau de lutte contre la sécheresse d’une ville de la plaine de Guanzhong. Conséquence : alors qu’on parlait traditionnellement de la plaine de Guanzhong comme d’un grenier à blé, la terre n’est quasiment plus que poussière et les pousses de blé sont flétries. Selon les statistiques citées par Courrier International, 253 333 hectares de cultures seraient atteints sur l’ensemble de la commune, dont 20 000 à un stade critique. Le cas de la plaine de Guanzhong, loin d’être isolé, est emblématique des dégâts causés par le « rêve industriel ». Depuis une vingtaine d’années en effet, et dans la continuité de la révolution industrielle du XIXe siècle grâce à laquelle les pays occidentaux ont pris leur essor, la croyance veut que le développement économique des pays passe par l’industrialisation et l’urbanisation, au détriment le plus souvent de l’agriculture. Et de la sécurité alimentaire… 1 Cf. momagri, « La Chine à son tour affectée par une sécheresse sans précédant », 09/02/2009 http://www.momagri.org/FR/Regards-sur-l-actualite/La-Chine-a-son-tour-affectee-par-une-secheresse-sans-precedent_433.html 2 Cf. Courrier International, « La mort annoncée d’un grenier à blé », 16 avril 2009 |