Le mois dernier, plusieurs centaines de Cambodgiens représentant des dizaines de milliers de victimes des spoliations de terres ont défilé jusqu’à la résidence du Premier ministre Hun Sen, une pétition à la main, appelant à l'aide pour dénoncer l’accaparement, voire la spoliation des terres agricoles. Une tentative pourtant restée vaine : les paysans ont été refoulés par la police anti-émeute.
A en croire certaines critiques, les autorités ne tiennent pas compte de ces communautés qui ont été expulsées par la force au fil des années, leurs terrains vendus ou loués à des entreprises étrangères et locales. Pourtant, la Banque Mondiale avait parrainé un projet visant à régler les litiges fonciers, et ce après avoir condamné ces expulsions, les qualifiant d’entraves dans la lutte contre la pauvreté. Mais le Cambodge a abandonné le projet, et en décembre dernier, le Parlement a adopté une loi controversée autorisant le gouvernement à exproprier des terres, attisant l’inquiétude de ceux qui prévoit d’importants déplacements de populations.
« La sécurité foncière et une approche équitable et transparente dans la résolution des litiges fonciers, sont les plus grands défis auxquels est confronté le Cambodge », a déclaré Bou Saroeun, porte-parole de la Banque Mondiale au Cambodge.
Le Cambodge n’est pas le seul pays touché par des émeutes sociales trouvant leur origine dans un secteur agricole insuffisamment réglementé et régulé. En Inde cette semaine, les partis d'opposition sont descendus dans les rues pour manifester contre l’inflation rampante due à l’augmentation du prix du pétrole et des denrées alimentaires qui ont pris presque 20% ces sept derniers mois. Il est urgent que la communauté internationale s’intéresse à cette problématique en priorité, de manière à éviter l’instabilité à la fois sociale, politique et économique qui ne manquera pas de s’intensifier. |