Dans le cadre d’une rencontre avec le secrétaire américain à l’Agriculture Tom Vilsack, début septembre aux Etats-Unis, Bruno Le Maire s'est dit partisan d'une limitation des positions pour limiter la spéculation sur les marchés européens des matières premières, et ce afin d’enrayer la hausse des prix alimentaires, mais aussi l’instabilité politique et la famine dans les pays en Voie de Développement.
« Nous sommes prêts à aller dans cette direction. Des limitations de positions pourraient être une solution très intéressante mais pas la seule. (...) C'est une chose sur laquelle nous sommes prêts à travailler », a déclaré Bruno Le Maire. En effet, le temps est, pour le ministre français de l’Agriculture, à la préparation du G20 de 2011 que la France présidera. Car Nicolas Sarkozy a décidé que la grande priorité de ce sommet sera la régulation des marchés des matières premières en général, que ce soient les matières premières dites « dures » (pétrole, acier, etc) et les « souples » que sont les matières premières agricoles. Fin août, la France a d’ailleurs soumis des propositions détaillées à la Commission européenne pour demander une action conjointe pour réguler les marchés des matières premières. Il est également prévu que la France s’entretienne avec la Grande Bretagne à ce sujet, alors que les marchés de matières premières européens sont majoritairement basés à Londres.
Les limitations de positions seront donc à l’ordre du jour de ces discussions mais comme l’a déclaré Bruno Le Maire, d’autres solutions existent pour lutter contre la volatilité des prix. Si la financiarisation grandissante et non contrôlée est l’une des causes des fortes variations que connaissent les prix alimentaires depuis plusieurs années, d’autres facteurs explicatifs existent, d’ordre :
• Conjoncturel : aléas climatiques, épizooties, embargos et initiatives protectionnistes pratiquées par certaines grandes puissances exportatrices, comme la Russie cet été.
• Structurel : microstructures des marchés agricoles très sensibles et peu réactives à toute modification des conditions des marchés observées ; hausse de la demande alimentaire.
• Extra agricole : impact des politiques monétaire (taux d’intérêt à court terme) et de change des différentes monnaies.
Autant de sujets qui devront être au cœur des prochains débats du G20 mais pour l’heure, la France n’a pas encore fait état des autres solutions qu’elle envisage. |