Selon le dernier rapport annuel de l’Organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2008, 40 millions de personnes supplémentaires souffrent de sous-alimentation au niveau international, du fait principalement de la hausse des prix alimentaires. Cela porte le nombre de personnes souffrant de la faim à 963 millions, contre 923 millions en 2007. Au rythme auquel les chiffres de la faim progressent, tout laisse penser que l’on va atteindre le seuil symbolique d’un milliard d’individus d’ici quelques mois – soit une personne sur six dans le monde ! Lors de la présentation du rapport, le 9 décembre, le sous-directeur général de la FAO, Hafez Ghanem, a déclaré que si « les prix des denrées alimentaires ont chuté depuis le début de l’année (…), cela n’a pas mis fin à la crise alimentaire dans beaucoup de pays pauvres ». La crise économique et financière actuelle a en effet aggravé la situation dans les pays en développement, et il est à craindre que le monde ne soit pas à l’abri d’une nouvelle crise alimentaire. On est très loin de l’objectif du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 ainsi que des Objectifs du millénaire de 2000, relatifs à la réduction de moitié du nombre de sous-alimentés à l’horizon 2015 ; loin de se réduire, la faim dans le monde augmente, et de manière exponentielle. Or, les moyens pour y faire face existent, comme le souligne la FAO depuis une dizaine d’années, qui estime que 30 milliards par an seraient nécessaires pour enrayer la faim dans le monde. Lors de la présentation du rapport, le directeur de la FAO, Jacques Diouf, s’est déclaré confiant quant à l’obtention de cette somme. Il faut espérer que l’on ne doive pas attendre de traverser une nouvelle crise alimentaire pour que ces fonds soient débloqués par la communauté internationale, alors qu’ils ne représentent que 1,5% des sommes affectées par les Etats pour faire face à la crise financière. |