Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Après quotas-laitiers : « Observer, c'est bien ;
observer et agir c'est encore mieux ! »1

28 Avril 2014


«Le futur de la France laitière dépend des gens qui vont s'installer entre aujourd'hui et 2030 », a rappelé Christophe Perrot, économiste à l'Institut de l'élevage, lors d'une conférence sur l'économie laitière, le 15 avril à Paris. Le futur c’est aussi l’après quotas-laitiers, c’est-à-dire l’avenir du secteur après le 31 mars 2015, et les mesures qui seront décidés au niveau européen afin de préparer la profession à gérer la disparition de ces outils de régulation.

Annoncé lors de la conférence sur l’après quotas-laitier en septembre dernier par le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, l’observatoire européen du marché du lait a été baptisé le 16 avril, parallèlement à la mise en place d'un comité économique qui réunira régulièrement les acteurs du secteur pour faire le point. Cet observatoire « aura pour mission de renforcer la capacité de la Commission à suivre le marché du lait et des produits laitiers et d'aider le secteur à s'adapter à son nouvel environnement ».

Un premier pas, salué notamment par les syndicats agricoles comme l’European Milk Board (EMB), la Coordination Rurale ou les JA. Mais il faut aller plus loin car l’un des défis majeurs demeurera l’hypervolatilité des prix agricoles, à la hausse comme à la baisse. Un défi particulièrement sensible pour le secteur laitier, en crise permanente depuis 2007 ; la volatilité fragilisant directement les revenus agricoles et la survivance des exploitations. Ainsi, comme le soulignent les JA « sans outils qui permettent d'anticiper les crises, cet observatoire ne pourra pas remplir son rôle de lanceur d'alertes car celles-ci ne trouveront pas d'échos à l'échelle européenne ».

Malgré les dissensions qui persistent entre Etats-membres, des décisions concrètes, opérationnelles et stratégiques devront être prises, car il s’agit de l’avenir de la filière laitière européenne, face à une concurrence de plus en plus pesante. En France, d’après l’Institut de l’Elevage, le nombre d'exploitations laitières pourrait être divisé par trois d'ici à 2035 contre 68 000 fin 2013 si les installations n'augmentent pas. Et ce malgré les prévisions d’augmentation de 2% par an de la collecte d'ici à 2020, principalement en raison de la hausse de la demande des pays émergents.

Comment alors encourager l’installation si aucun outil adapté n’est proposé ? Quelles garanties permettront au secteur laitier de faire face à une crise prolongée ou à un risque de retournement des cours aggravé par les contraintes budgétaires imposées par la nouvelle PAC?

Réguler pour garantir l’avenir d’un secteur et d’une profession. Voilà une mission qui espérons-le sera préconisée par les conclusions du rapport de la Commission faisant le point sur la mise en œuvre du "Paquet lait" et qui devraient être rendues d’ici le 30 juin.

Pour l’heure il n’existe aucune alternative crédible au système actuel centré sur le découplage des aides. Les récentes études menées par momagri démontrent cependant la pertinence, tant économique et budgétaire, d’aides contracycliques couplées à des mécanismes spécifiques et non automatiques de gestion de marché : une stabilisation durable des chiffres d’affaires, une action efficace pour lutter contre la volatilité et les crises qui en découlent, de même qu’une meilleure utilisation des ressources budgétaires et une stratégie de long terme profitable pour l’économie agricole.


1 Jeunes Agriculteurs (JA)


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Paris, le samedi 23 septembre 2017