Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Après le blé, le riz flambe

21 Février 2011



Les cours du riz, restés l'an dernier à l'écart de l'envolée des prix des produits agricoles, s'emballent à leur tour sur les marchés, menaçant d'une crise alimentaire les populations les plus pauvres d'Asie et d'Afrique pour lesquelles le riz représente l’alimentation de base.

Sur le marché à terme de Chicago, les cours du riz ont en effet grimpé de 10% sur le seul mois de janvier, atteignant presque les 350 dollars la tonne. Une forte hausse qui rappelle la dynamique d’évolution observée lors de la récente crise de 2008 et qui vient confirmer la tendance d’une volatilité croissante touchant l’ensemble des matières premières agricoles, et pas seulement le blé ou le maïs comme ce fut le cas l’année dernière.

Cette flambée du riz n’est pas due aux seuls aléas climatiques comme l’avancent aujourd’hui certains experts, mais à deux autres raisons qui révèlent la nature endogène des risques auxquels sont exposés les marchés agricoles.

Tout d’abord, l’accélération des importations en riz par crainte de certains Etats de connaître des problèmes d’approvisionnement après l’emballement général des prix alimentaires. Ensuite, les comportements des agriculteurs américains qui ont réduit leurs semis de riz au profit de cultures plus rémunératrices comme le maïs, le soja et le coton.

Le cas du riz est donc un exemple supplémentaire qui démontre bien que l’aléa climatique n’est pas l’unique facteur explicatif de la volatilité actuelle des prix des matières premières agricoles comme on le dit depuis la grande sécheresse de Russie ou les inondations en Australie.
Bien au contraire, le vrai problème se situe dans la manière dont les acteurs sur les marchés (producteurs, spéculateurs…) traitent cette information et plus encore certains Etats qui jouent un rôle majeur dans le commerce international (Chine, Etats-Unis, Brésil…) dans un contexte de libéralisation accrue, de démantèlement des mécanismes de régulation, et de financiarisation croissante.

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012