Les difficultés que rencontre l’Algérie pour assurer sa sécurité alimentaire ont été largement évoquées, le 15 juin dernier, lors d’un séminaire à Alger qui réunissait le Forum des chefs d’entreprise (FCE) et la Chambre nationale d’agriculture (CNA). Lors de cette rencontre, les participants ont mis en évidence l’ampleur de la dépendance alimentaire de l’Algérie, les importations de produits alimentaires couvrant 70 % environ de la ration calorique des algériens. Une dépendance à l’égard des marchés mondiaux d’autant plus inquiétante que les cours de certaines matières premières agricoles ont récemment fortement augmenté. Selon Réda Hamiani, président du FCE, cette situation de dépendance alimentaire « appelle des mesures courageuses et déterminantes des pouvoirs publics et un engagement réel des acteurs économiques ». Sur ce dernier point, il estime nécessaire de mettre un terme au « désancrage » du secteur agroalimentaire algérien de son « amont agricole », en permettant au premier de s’approvisionner auprès du second, ce qui limiterait substantiellement le recours aux importations. Ainsi, pour Réda Hamiani, renouveler la relation entre industriels et agriculteurs algériens pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire de l’Algérie. Toutefois, si l’Algérie peine à assurer sa sécurité alimentaire, c’est justement parce que « l’amont agricole » rencontre des difficultés de taille : problèmes d’accès à l’eau, conditions climatiques parfois défavorables, exploitations faiblement mécanisées, inadaptation des infrastructures, problématiques autour du foncier agricole, augmentation des coûts de production…De plus, l’Etat algérien ne consacre que 3% de son budget à l’agriculture… Ainsi, comme le rappelle Hocine Abdelghafour, directeur des études au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, la production agricole algérienne a chuté de 30% ces trente dernières années. Une situation qui démontre l’absence de véritable politique agricole dans ce pays qui finance ces importations massives de denrées alimentaires grâce à sa rente pétrolière. Par ailleurs, ces inquiétudes autour de la dépendance alimentaire de l’Algérie pourraient s’accentuer du fait de l’adhésion prochaine de ce pays à l’OMC, tant il est vrai que la stratégie de libéralisation totale des marchés agricoles prônée par cette dernière risque de fragiliser d’avantage la sécurité alimentaire des Etats. |