Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Aide publique au développement (APD) :
« La France baisse-t-elle les bras ?1 »

21 Avril 2014


Le 8 avril dernier l’OCDE rendait public les chiffres de l’aide publique au développement (APD) dans le monde pour 2013. Parmi les mauvais élèves ? La France dont l’APD a chuté brutalement de près de 10% en 2013, en raison notamment d’une baisse des prêts et des annulations de dettes. L’année 2014 risque de confirmer cette tendance sous le coup de l’austérité budgétaire décidée par le gouvernement.

Une nouvelle qui a frappé les partisans d’un renforcement d’une politique française du développement, alors que la direction générale du trésor annonçait un très léger recul du budget développement à 0,46% du Revenu National Brute (RNB) en 2013 contre 0,47% en 2012. Elle tombe finalement à 0,41% du RNB en 2013, selon les chiffres publiés par le Comité d’Aide au Développement (CAD) de l’OCDE, avec un montant total des budgets consacrés évalué à 8,44 milliards EUR.

Ce décrochage par rapport à l’objectif de consacrer 0,7% de son RNB à l’aide au développement renvoie la France à la cinquième place des bailleurs en volume derrière le Japon.

Comble du paradoxe, cette baisse du budget de l’aide française au développement est complètement à contre-courant de la tendance mondiale : en 2013, les pays donateurs y ont consacré 134,8 milliards USD (97,67 milliards EUR) soit une hausse de 6,1% par rapport à 2012, après deux années consécutives de baisse.

Il faut rappeler que la France y allouait 1,35% de son PIB en 1960 et que la Suède, la Norvège ou le Luxembourg ont déjà atteint l’objectif des 0,7%.

Surtout, aucun pays du monde n’a connu de croissance économique stable et durable sans un développement préalable de son secteur agricole. L’agriculture est la principale source de revenu pour plus de 40 % de la population mondiale. Or, 70% des pauvres et des sous-alimentés du monde vivent en milieu rural et sont principalement des paysans. Pourtant, l’agriculture et l’alimentation n’occupent qu’une place réduite dans l’aide publique au développement (APD). Ainsi, dans le budget de l’APD délivrée par la France, la part qui revient à l’agriculture et à la sécurité alimentaire est en baisse depuis 2007.

Finalement, l’Agriculture est la variable stratégique qui doit ainsi être replacée au centre des préoccupations de développement. Pour cela, il faut maintenir et développer des politiques agricoles nationales, régionales et mondiales en réorientant leurs objectifs premiers vers la garantie du droit à l’alimentation. Et parallèlement, concevoir des régulations des échanges agricoles mondiaux de façon à protéger les agricultures vivrières aujourd’hui en concurrence avec les agricultures exportatrices les plus compétitives.


1 Christian Reboul, Oxfam

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Paris, le vendredi 17 novembre 2017