Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse, président de Limagrain, qui rassemble des
responsables du monde agricole et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie
et défense,…). Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux
outils d’évaluation (modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Aide alimentaire européenne : un répit de courte durée

28 Novembre 2011



Après plus de six mois de négociations, un accord a enfin été trouvé pour lever le blocage du Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD).

En avril dernier, la Commission européenne s’était en effet vue adresser un arrêt de la Cour européenne de Justice, bloquant 80% des fonds alloués au PEAD, mettant de fait en difficulté les différentes associations humanitaires qui sont essentiellement financées par ce programme. Alors que le règlement interne du PEAD stipulait que l’approvisionnement devait provenir du surplus et des stocks de l’Union européenne, les excédents agricoles qui l’alimentaient ont quasiment disparu au cours des dernières années, conduisant à des achats massifs de nourriture sur les marchés internationaux. Les six pays dépositaires de la plainte1 ont remis en cause la légalité de ce processus, arguant plus généralement que l’aide alimentaire constitue une politique sociale relevant des compétences des Etats.

Alors que l’inquiétude des associations caritatives se faisait de plus en plus forte à l’approche de l’hiver, le changement de position de l’Allemagne, intervenu le 14 novembre dernier et permettant de faire « sauter » la minorité de blocage au Conseil, est un véritable soulagement. Cependant, l’Allemagne n’a accepté de débloquer le PEAD pour les deux prochaines années qu’à la condition que la PAC ne finance plus aucune politique sociale après 2014.

Le répit accordé est donc de courte durée car la volatilité des prix agricoles devrait encore s’aggraver dans les années à venir, faisant peser un risque accru et systémique sur la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables.

Tout la question à laquelle doivent répondre les décideurs est désormais d’ordre politique : dans un contexte de laisser faire agricole qui aboutira au renforcement de la volatilité des cours et de crise économique aggravée, le maintien d’une politique d’aide alimentaire intégrée n’est-elle pas l’option la plus pertinente, d’autant plus qu’elle permettrait de remobiliser les peuples des différents Etats-Membres autour d’un projet européen fédérateur ?

1 Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Danemark, Pays-Bas et République tchèque

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Pour une régulation
des marchés agricoles
et une gouvernance
alimentaire mondiale
Paris, le mardi 22 mai 2012