Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Agroalimentaire : la France cherche sa place au soleil

10 Février 2014


« L’Agriculture sera dans les prochaines années un sujet de politique étrangère au cœur des relations entre les Etats. Et avec son climat favorable et sa surface agricole importante, qui sont les joyaux de la France, notre pays détient plusieurs atouts pour s’affirmer et rayonner sur la scène internationale ».

Cette assertion au ton prophétique avancée par Thierry Pouch, économiste à l’Assemblée des Chambres d’Agriculture (APCA), pourrait devenir réalité en France ou tout du moins constituer à terme le cœur d’une politique de rayonnement national et de compétitivité sur les marchés agricoles mondiaux. Dernier exemple en date, le 30 janvier dernier, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur et Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l’agroalimentaire, en lien avec l’Association des Régions de France, ont annoncé l’accompagnement à l’exportation de 250 PME et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) pendant 3 ans. L’objectif, ambitieux, est ainsi de dépasser dans 10 ans l’Allemagne en matière d’exportations agroalimentaires.

Si le secteur agroalimentaire réalise 60 Mds d’€ de chiffre d’affaires à l’export et représente le deuxième excédent commercial de la France derrière l’aéronautique, la France est passée en 10 ans de la 2ème à la 5ème place des pays exportateurs, derrière les États-Unis, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Brésil. Pour l’heure, sur les 13 000 entreprises que compte le secteur en France, seules 450 sont présentes à l'international. Depuis le début des années 2000, la compétitivité française semble en effet connaître un nouveau ralentissement (après une première érosion entamée dans les années 1970), notamment en raison de la montée en puissance de son voisin allemand et des pays émergents.

Dès lors, si l’agriculture et l’agroalimentaire constituent pour la France une arme anti-crise et de puissance de premier plan, protéger les agriculteurs et les consommateurs des risques exogènes et endogènes qui pèsent sur ce secteur spécifique et stratégique, devrait devenir un enjeu primordial. Or, force est de constater que, pour l’heure, les croyances en la vertu absolue du libre-échange sont encore tenaces, en témoigne le récent démantèlement de la PAC et la capitulation des Européens face aux tenants des « signaux du marché et du découplage »1.


1 Henri Nallet, ancien ministre de l'Agriculture du gouvernement Rocard

Haut de page
Paris, le lundi 25 septembre 2017