D’après le ministère de l’Agriculture, les revenus des agriculteurs français ont nettement augmenté en 2010 pour atteindre 24300 Euros, après les faibles niveaux constatés au titre de l’année 2009 – 11300 euros -, même s’ils sont désormais plus marqués par la volatilité des prix des matières premières agricoles que par le passé.
Si cette évolution constitue un signal positif de redressement de la situation des agriculteurs, fortement touchés par la crise économique de 2008, il n’en demeure pas moins que le revenu moyen des agriculteurs reste tendanciellement à des niveaux bas, 12% inférieur à celui de 2007, et surtout, sur une tendance baissière constatée depuis la fin des années 1990.
Ainsi replacée dans une perspective historique plus large, cette récente hausse doit plus être considérée comme une réaction conjoncturelle à un contexte haussier et turbulent que les marchés agricoles ont connu durant l’année 2010, que comme l’amorce d’une croissance structurelle et durable des revenus des agriculteurs.
Lister les spécificités qui distinguent l’agriculture des autres secteurs économiques est une tâche aisée, tant celles-ci sont nombreuses et parmi lesquelles nous pouvons citer l’impossibilité pour un agriculteur d’ajuster sa production en cours de route, ni même de prévoir la quantité et la qualité de sa production future, ou la faible élasticité prix de la demande selon laquelle un individu ne mangera pas deux fois plus de pain si son prix est divisé par deux.
Autant de spécificités qui font des marchés agricoles des marchés impurs et imparfaits. Cela justifie une politique publique structurelle destinée à combler au mieux les lacunes des marchés en termes d’efficience et de sécurité alimentaire, tout en leur conférant une meilleure stabilité des prix, garante de l’équilibre et de la pérennité économique de l’agriculture.
Nicolas Sarkozy le rappelait récemment à l’occasion du G20, « citez-moi une autre profession où chaque année, l’on peut perdre 30% de son revenu ! cela n’existe pas ». L’avenir de l’agriculture, dont dépendent la sécurité alimentaire, l’environnement, la croissance économique, et nombres d’autres secteurs, est avant tout conditionné par la capacité des agriculteurs à produire durablement et à rester compétitif grâce à des investissements appropriés. N’oublions pas qu’il ne peut pas y avoir d’agriculture sans agriculteurs et que ces derniers constituent donc, à ce titre, un actif stratégique pour l’avenir.
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