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Suivant la Russie, le gouvernement ukrainien a annoncé le 11 octobre, vouloir limiter la vente de ses céréales à l’export à 3 millions de tonnes de maïs, un million de tonnes de blé et 100.000 tonnes d'orge. Une mesure qui, selon le gouvernement, resterait en vigueur jusqu'à la fin de l'année 2010 afin de garantir l’approvisionnement du pays.
L'Ukraine, premier fournisseur mondial d'orge et sixième de blé, réputé pour ses terres noires très fertiles, a été frappée par la grande canicule de l’été dernier et a vu ses prévisions de récolte céréalière baisser, passant de 46 millions de tonnes en 2009 à 39 millions de tonnes aujourd’hui. Dans le pays, les réactions ont été vives : l'Association céréalière ukrainienne, qui réunit plusieurs dizaines de producteurs et négociants de céréales a déclaré que la mise en place de quotas risquerait de « paralyser totalement le marché des céréales ».
Il y a quelques semaines, en effet, la Russie, également touchée par la sécheresse, avait imposé un embargo total sur ses exportations de céréales jusqu'à l'été 2011, provoquant une flambée des prix sur les marchés mondiaux. Dès lors, il est fort à parier que la décision ukrainienne aura les mêmes conséquences néfastes: une déstabilisation des marchés et un accroissement de la volatilité des prix sur les matières premières agricoles.
Aussi, il est temps que la communauté internationale s’organise pour anticiper et réguler au mieux les marchés agricoles. L’exemple russe a clairement démontré que les anticipations des différents acteurs intervenant sur ces marchés (agriculteurs, investisseurs, Etat…), jouaient désormais un rôle majeur dans la volatilité des cours des matières premières agricoles, sans même que les fondamentaux physiques relatifs aux quantités offertes et demandées n’aient réellement évolué.
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