En dehors des marchés du vin ou des valorisations non alimentaires, les prévisions pour le premier semestre 2009 sont largement pessimistes. D’après un dossier réalisé par Agrapresse1, les entreprises de transformation, de collecte ou de stockage dans la plupart des secteurs agricoles (céréales, oléoprotéagineux, produits carnés, lait, et fruits et légumes) anticipent des baisses de prix durables, dans la continuité du retournement de conjoncture déjà observé fin 2008. Alors que selon l’Insee, les prix agricoles ont reculé de près de 12% entre novembre 2007 et novembre 2008, les professionnels du monde agricole s’attendent au pire pour les six prochains mois. Première raison avancée, la hausse de la production induite par la flambée des prix, et le contexte de crise économique globale qui provoque une contraction de la consommation. Face à cette situation particulièrement tendue, les industriels cherchent à ajuster à la baisse les prix des produits agricoles, comme cela a été le cas dans le secteur laitier, ce qui a aggravé la situation. Mais n’oublions pas que ces prévisions, si pessimistes soient-elles, ont déjà été observées à de maintes reprises par le passé. Les prix agricoles sont caractérisés par une hyper-volatilité structurelle des prix, que la crise économique actuelle a amplifiée. Et il est à craindre, si des politiques agricoles ne sont pas mises en place, que cette situation ne déstabilise gravement et durablement la filière agricole française et européenne. 1 Agrapresse n°3184, 5 janvier 2009 |