Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

« Un peuple qui oublie son histoire se condamne à la revivre» (Winston Churchill)

5 Janvier 2015


Voici une mise en garde qui pourrait également être adressée au secteur agricole et à son rapport amnésique et paradoxale aux statistiques. Dernier exemple en date, l’annonce d’une chute vertigineuse des revenus agricoles des céréaliers, producteurs de fruits et éleveurs bovin pour l’année 2014, malgré une production en hausse. Les céréaliers notamment ont subi une perte de 60% de leurs revenus en 2014.

Il ne s’agit pas ici de revenir sur les explications d’une telle chute, mais bien de comprendre la réalité de ces estimations et a fortiori ce qu’elles révèlent. Car les faits sont là : année après année, la quasi-totalité des prévisions se sont révélées fausses. Et pourtant, à chaque fois, les mêmes experts réexpliquent pourquoi, les prévisions qu’ils ont faites hier, ne se sont pas réalisées aujourd’hui, tout en formulant de nouvelles prévisions comme si le monde dans lequel évoluait l’agriculture était certain, suivant ainsi un « scénario de l’utopie » (pas de spéculateurs, une anticipation parfaite des agriculteurs et des conditions climatiques idéales). Ainsi, plus que tout autre secteur, celui de l’agriculture est entaché par des erreurs d’appréciation majeures largement imputables aux modèles traditionnels (Banque mondiale, FAPRI, OCDE), ceux-là mêmes qui ont guidé les politiques de libéralisation des 20 dernières années, sans s’apercevoir des torts qu’elles causaient.

Ainsi, l’une des contradictions de ces récentes estimations, relevée par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, concerne l’écart des évolutions de revenu estimé par l’Insee (+ 6%) et le ministère de l’agriculture (-5%), alors que les écarts de revenu sont très forts entre les filières en 2014 et leurs variations de très grande ampleur d'une année sur l'autre. Pourquoi une telle dissonance ? Pour les experts de l’APCA, ces « résultats démontrent que, aujourd’hui, les politiques agricoles nationales et européennes ne permettent pas de limiter l’extrême volatilité des revenus agricoles. Alors que « le dogme du découplage qui vise à vouloir déconnecter totalement l’intervention publique et la situation des marchés montre une fois de plus ses limites ».

Malheureusement, sans méthode statistique adaptée, aucune politique agricole ne pourra rendre compte de ce contexte instable et incertain et ainsi fournir des informations solides au monde agricole. Or, Il n’existe aujourd’hui dans ce domaine ni procédures, ni indicateurs qui fournissent une information assez précise, fréquente et démonstrative sur les différents marchés et politiques pratiquées, contrairement à d’autres secteurs comme la finance, l’environnement ou l’éthique.

Une chose est sûre : le monde agricole a plus que jamais besoin d’une « boussole », qui indique le cap à suivre. C’est la tâche à laquelle momagri se propose de contribuer, en créant un agence de notation spécialisée dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation, afin de réduire l’asymétrie d’information sur les marchés internationaux, d’anticiper les défaillances des marchés agricoles et d’améliorer les politiques suivies dans le domaine agricole.


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Paris, le samedi 23 septembre 2017