Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

« Tout paysan debout domine noble à genoux »

2 Décembre 2013

« La situation se dégrade, il faut réagir. On peut gérer l'agriculture avec quelques rustines ici ou là, mais je crois aujourd'hui qu'on a besoin de redonner des perspectives ». C’est avec ces mots que Xavier Beulin, Président de la FNSEA, a appelé le 22 novembre dernier, à l’antenne de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, la tenue prochaine des Etats généraux de l’Agriculture.

Xavier Beulin propose ainsi au Premier ministre que ces états-généraux se tiennent en janvier ou février 2014 en présence de l’ensemble des ministres impliqués dans l’avenir des filières agricoles et agroalimentaires françaises : agriculture, économie, budget, consommation ou encore transports. « La situation l'impose », affirme ainsi le président de la FNSEA, « il faut redonner confiance aux paysans. Il faut restructurer un certain nombre de filières. »

Ce nouveau grand rendez-vous de l’agriculture peut offrir de nouvelles perspectives et un nouvel élan fédérateur alors que l’Agriculture française est en perte de vitesse sur différents fronts : perte de compétitivité, érosion de certaines filières, crise de modèle agricole. Les difficultés sont par ailleurs plus larges, car il s’agit avant tout d’une crise de l’Agriculture européenne, soumises aux risques de marché et à des choix politiques pernicieux en terme de stratégie d’avenir. Si les producteurs français peuvent se réjouir de l’adoption le 21 novembre dernier par l’Allemagne du salaire minimum généralisé, d’autres défis les attendent.

Comment l’agriculture française et européenne parviendra-t-elle à préserver une vision stratégique de l’Agriculture alors que la nouvelle politique agricole commune pour la période 2014-2020, qui représentera 38 % du budget de l’UE au cours des sept prochaines années, contre 70 % environ en 1984, n’offre aucun moyen à même de garantir sa compétitivité et ses ambitions ?

Les arbitrages nationaux et politiques en cours sur la PAC, notamment en France, sont décisifs, mais ceux-ci sont loin de faire l’unanimité : aujourd’hui plus que jamais les arrangements cosmétiques et conjoncturels font peser un lourd fardeau sur l’agriculture française. La tenue des Etats Généraux de l’Agriculture, pourrait alors contribuer à redynamiser le secteur agricole et le replacer dans une perspective européenne et gagnante. L’année 2014, sera-t-elle l’année de l’ambition retrouvée ?

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Paris, le dimanche 24 septembre 2017