Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

(Sur)vivre dans un monde volatil : quels enjeux pour l’Agriculture britannique ?

9 Mars 2015


Soutenir l’Agriculture britannique dans un monde volatil... voici l’intitulé du Congrès annuel du principal syndicat britannique NFU qui s’est tenu du 24 au 25 février. Une énième rencontre qui confirme que l’instabilité et l’incertitude qui caractérisent l’Agriculture européenne du XXIe siècle sont devenues des enjeux primordiaux.

Si les Britanniques sont réputés particulièrement sceptiques vis-à-vis de la PAC, une position ultra-libérale héritée de l’ère Thatcher, les lignes sont en train de bouger. Ce qui hier était tenu pour acquis, notamment la croyance en l’efficience absolue des marchés et leur capacité à s’autoréguler, l’est beaucoup moins aujourd’hui et ce au nom de la préservation de l’agriculture britannique.

Lors de ce Congrès, Il était ainsi question d’autosuffisance alimentaire, à l’heure où les chiffres de l’agriculture britannique inquiètent. A l’image de l’Agriculture européenne, qui importe l’équivalent du tiers de ses terres agricoles, la Grande-Bretagne pourrait n’assurer que moins de la moitié des besoins en produits alimentaires de sa population d’ici 10 ans si aucune action n’est entreprise d’ici là. L’autosuffisance alimentaire britannique aurait en effet chuté de 74% en 1991 à 60% aujourd’hui1. En cause ? Pour Meurig Raymond, Président du NFU, une exposition accrue des producteurs à la volatilité des marchés mondiaux, conséquence de choix internationaux, européens et nationaux contestables, à savoir notamment le démantèlement de mécanismes stabilisateurs de revenus.

Conclusion du Président Meurig : il est urgent de trouver les instruments les plus efficaces pour lutter contre cette volatilité.

Malheureusement ce n’est pas du côté de la Commission européenne que des solutions pérennes semblent être envisagées. L’intervention de Phil Hogan, Commissaire à l’Agriculture, lors de ce Congrès a une fois de plus tranché avec l’inquiétude des producteurs. Dans son discours, le Commissaire a ainsi rappelé l’importance de la PAC et de sa mission fondatrice. Toutefois, cette politique défendue par Hogan, gage selon lui de l’indépendance et de la liberté du producteur, devra essentiellement être orientée vers le (libre jeu du) marché et reposer sur la non-intervention si ce n’est celle du producteur. En somme, il prône à nouveau une approche économique qui sous-estime les risques de marché affectant l’agriculture et qui nie l’efficacité de mécanismes stabilisateurs.

La nouvelle PAC entre en application cette année. La question des paiements directs, du développement rural et des mesures de marchés sera abordée à l’occasion des Conseils des ministres de l’agriculture des Vingt-huit le 16 mars et le 20 avril. Les échanges promettent d’être houleux, car au-delà des promesses de simplification, c’est la refonte du système sur lequel repose le premier Pilier notamment, qui est en jeu.

Dans ce contexte, Momagri préconise une autre PAC, toujours articulée sur deux piliers, mais dont une part significative du budget, actuellement consacrée aux DPB et aux paiements verts, sera redéployée vers des outils de gestion des marchés agricoles, selon une logique contracyclique.


1 Dernier rapport du NFU

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Paris, le vendredi 17 novembre 2017