La Banque Mondiale s’intéresse de près au problème des achats de terres agricoles dans les pays pauvres. Dans un rapport intitulé «L'intérêt croissant pour les terres agricoles dans le monde peut-il apporter des bénéfices équitables à long terme?» publié le 8 septembre 2010, les experts de l’organisation internationale dressent un constat assez pessimiste sur ces acquisitions de terres qui seraient, selon eux, néfastes pour la stabilité des Pays en Voie de Développement.
En 2009, ce sont 45 millions d’hectares de terres qui ont été vendus contre 4 millions par an durant la décennie précédente, soit une augmentation de 1025%. "Sur fond de volatilité accrue des prix agroalimentaires, les acquisitions de terre sont une réalité croissante, mettant en évidence le besoin de démarches concertées pour le bénéfice de toutes les parties concernées", souligne Ngozi Okonjo-Iweala, directrice de la Banque mondiale chargée de l'Afrique, de l'Asie du Sud, de l'Europe et de l'Asie centrale.
Plusieurs solutions sont envisagées. La Banque mondiale préconise d'encadrer les investissements dans les terres arables par un code de bonne conduite. De plus, elle entend à présent travailler avec les gouvernements et les acteurs concernés pour mettre en pratique ces principes. A cette fin, un forum électronique s'adressant à l'ensemble des parties prenantes va être lancé. Cela confirme ainsi les préconisations formulées par momagri dans l’article intitulé « Pour un meilleur encadrement des achats de terres agricoles dans les Pays en Voie de Développement ».
Si la nécessité d’un encadrement politique est donc de plus en plus admise de tous, il est essentiel de disposer en parallèle d’indicateurs de suivi. C’est en ce sens que momagri développe l’indice OSE (Optimum de Sécurité alimentaire et d’Efficacité économique), dont l’objectif est d’évaluer le niveau optimal d’ouverture et d’indépendance vis-à-vis de l’extérieur d’un pays, au niveau régional et international, sous couvert du meilleur niveau de sécurité alimentaire possible. |