Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

« Le commerce n’est pas une panacée pour résoudre le problème de la faim dans le monde. »

15 décembre 2008



Le 17 décembre, lors d’une conférence de presse à Genève, le Rapporteur Spécial sur le droit à l’alimentation Olivier de Schutter a présenté les principales conclusions d’un rapport destiné à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Ce rapport, qui sera officiellement présenté au cours de la session 2009 du Conseil des droits de l’Homme à Genève, cherche à déterminer l’impact de la libéralisation des échanges sur la faim dans le monde d’une part, et la politique des Etats, d’autre part. Alors que pour l’OMC, les impacts négatifs résultant de la libéralisation – notamment pour les petits paysans et les populations marginalisées – seront compensés par l’expansion des secteurs exportateurs, Olivier de Schutter souligne que cette approche en termes de bilan des gains et des pertes n’est pas satisfaisante. D’après lui, la libéralisation des marchés agricoles :

> Engendrera des « coûts cachés », notamment sociaux, environnementaux et sanitaires ;
> Contribuera à allonger la chaîne de distribution, et enrichir par là des intermédiaires de plus en plus nombreux, au détriment du consommateur qui ne voit pas le prix baisser, ainsi que du producteur à qui l’on paie un prix de plus en plus faible ;
> Soumettra les pays à l’hyper-volatilité des prix mondiaux des matières premières agricoles, tout en accroissant leur dépendance alimentaire par des stratégies de spécialisation dans les quelques cultures où ils bénéficient des avantages comparatifs.

C’est pourquoi Olivier de Schutter appelle les Etats à refuser tout accord conclu dans le cadre des négociations à l’OMC qui ne reconnaisse pas la spécificité des produits agricoles par rapport aux autres produits, ainsi que le droit des peuples à se nourrir.

Ce rapport, qui est remis au moment où les Etats multiplient les déclarations de principe soulignant leur volonté de conclure le cycle de Doha1 , jette un pavé dans la mare. Espérons qu’il permette aux Etats de réfléchir à deux fois avant de s’engager dans un processus irréversible aux conséquences incertaines pour la sécurité alimentaire mondiale.

1 Cf. momagri, « La conclusion du cycle de Doha n’est pas une solution à la crise », 01/12/08, www.momagri.org

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Paris, le vendredi 1 août 2014