Le mot du Figaro pour caractériser la situation des agriculteurs en France est bien le bon : la publication par le ministère de l’Agriculture des comptes prévisionnels des exploitations en 2009 révèle en effet que le revenu moyen pour les 400 000 exploitations françaises a chuté de 32%. Sans compter que ces 32% s’ajoutent aux 20% de baisse des revenus en 2008 par rapport à 2007. Ainsi, le revenu net de chaque exploitation a plongé de 22 500€ en 2007 à 14 600€ aujourd’hui, et les bénéfices n’ont jamais été aussi bas depuis 19 ans. En cause, l’effondrement des prix de vente sur les marchés internationaux. Aucune production n’est en effet épargnée par la chute des cours, même si certaines souffrent plus que d’autres : les éleveurs laitiers ont ainsi vu leurs revenus nets chuter de 54% sur un an, suivis de près par les producteurs de fruits (53%) et les céréaliers (51%). Ces chiffres, qui tombent juste avant que la loi de modernisation agricole passe en Conseil des ministres (13 janvier), doivent impérativement sonner le glas de 10 ans de politiques de dérégulation au niveau européen : nul secteur ou professionnel ne peut décemment supporter de telles variations dans ses revenus. Ils confirment donc la nécessité d’une régulation des marchés agricoles, afin de permettre au secteur responsable de la sécurité alimentaire de se développer sans craindre de voir sa pérennité remise en cause par l’hyper-volatilité des prix. |