Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
 

Objectifs, Démarche, Organisation de momagri


 

I
Pourquoi créer une Organisation Mondiale de l’Agriculture ?

Parce que les décisions de l’OMC et la réforme de la PAC n’ont de sens que si l’on instaure des règles :

 

> pour remédier aux dérives spéculatives qui, contrairement à toutes les prévisions économiques, entraînent les prix dans une spirale dangereuse et qui déstabilisent gravement l’agriculture partout dans le monde.

> et pour éviter l’ensemble des coûts collectifs, à ce jour jamais évalués, que nos sociétés seraient obligées de payer demain si l’agriculture ne bénéficiait pas d’une régulation spécifique.

Nous pensons que les systèmes et outils de décision actuels (modèles économiques agricoles, méthodes et fondements des négociations OMC,…), ne répondent plus du tout aux enjeux que représente l’agriculture pour l’avenir de l’humanité :

 

> lutte contre la pauvreté,
> satisfaction des besoins alimentaires croissants,
> indépendance et souveraineté des États,…

Et, nous voulons éviter que l’agriculture mondiale se concentre demain dans quelques zones géographiques bénéficiant d’une rente de situation indue (territoires immenses, protections sociales absentes, mépris pour l’environnement) pouvant ainsi affecter la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale.

Devons-nous accepter de courir le risque que suite à un accident climatique, géopolitique,…, nous soyons coupés de cet approvisionnement ?

C’est pourquoi notre mouvement veut :

 

> réinformer le plus grand nombre sur l’importance stratégique de l’agriculture,
> être une force de propositions pour organiser une gouvernance mondiale de l’agriculture.

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II
Comment créer une Organisation Mondiale de l'Agriculture ?

Ce Mouvement que nous avons nommé Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture (momagri) ne s'oppose ni à l'OMC, ni à la réforme de la PAC.

momagri s'inscrit dans la perspective de rendre complémentaires des objectifs a priori difficilement compatibles :

 

> la lutte contre la pauvreté dont les termes sont décrits par le Millenium Round,
> la libéralisation des échanges visés par les accords de Doha,
> la préférence communautaire et le développement durable des territoires dans le cadre de la politique agricole européenne.

momagri se situe donc à la croisée des défis de l'avenir là où il est urgent de développer une coopération internationale pour sortir des blocages actuels. À cet effet :

 

> Il s'appuiera sur une association internationale qui fédèrera le plus grand nombre d'acteurs et de décideurs autour des principes que nous souhaitons défendre et qui aura pour mission de sensibiliser l'opinion publique à l'importance stratégique de l'agriculture.

> Il créera un nouveau modèle économique, le modèle NRA, selon une approche de « théorie des jeux » qui permettra de modéliser le secteur agricole de manière plus satisfaisante que ne le font les modèles actuels parce que la spécificité de l'agriculture et l'ensemble des interactions avec les autres secteurs économiques doivent absolument être pris en compte.

> Il confiera à une agence internationale d'évaluation et de notation, l'Agence NRA, la mission de dégager en permanence une information pertinente sur laquelle les décisions politiques et les choix internationaux pourront s'appuyer : prix régulés, niveau des stocks, développement durable, lutte contre le dumping social, respect de l'environnement,...

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III
PAC et OMC : L’agriculture en danger

La PAC et les négociations OMC reposent sur le principe du libre échange et les vertus de la concurrence dont la contribution au bien-être collectif est indéniable.

Mais, pour en bénéficier, une coopération internationale en faveur d’une régulation commune doit être instaurée car l’agriculture est stratégique et spécifique.

Nos sociétés ne doivent en effet pas oublier que l’agriculture est un attribut d’indépendance et de souveraineté qui doit être préservé et entretenu partout dans un monde :

 

> à forte croissance démographique ;
> où de nouvelles puissances émergent ;
> et qui est soumis à des tensions de plus en plus fortes, tant aux plans de la sécurité que des intérêts commerciaux,…

À commencer par l’Europe où la PAC est considérée par certains comme un frein à son évolution alors que la politique agricole est la seule politique européenne intégrée.L’oublier a contribué à favoriser le rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas.

C’est pourquoi les arguments des détracteurs de la PAC sont fallacieux et doivent être rejetés. En effet :

 

> Le budget agricole ne représente que 40% du budget communautaire, lui-même limité à 1% du PIB des États membres.

> Ainsi, en consacrant 0,4% du PIB communautaire, l’Europe soutient un secteur d’activité (agriculture et agroalimentaire) qui représente 15% du PIB.

> Dès lors, en sachant que la moyenne des prélèvements obligatoires des États européens est compris entre 45% et 55% du PIB, on s’aperçoit que l’agriculture représente moins de 1% des prélèvements publics.

Il est donc urgent de sortir de cette vision fausse qui stigmatise le monde agricole.

Car, si les autres politiques européennes étaient intégrées, on connaîtrait avec la même précision l’importance des soutiens publics qui leurs sont destinés et on s’apercevrait qu’ils sont beaucoup plus importants que ceux affectés à l’agriculture.

Ce n’est donc pas en sacrifiant la PAC que l’on va relancer l’Europe qui est en panne de projet politique.

Pire, l’avenir de l’Europe dépend de la solidité de la PAC qui en est aujourd’hui le seul terreau.

Que se passerait-il en effet si le démantèlement de la PAC et la libéralisation des marchés agricoles internationaux se poursuivaient sans aucune règle ?

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IV
Le risque : une véritable déstabilisation à l'échelle de la planète

…...pour les Pays les moins avancés (PMA)

 

> Aggravation continuelle de la situation économique des PMA à cause de la baisse permanente des prix sur des marchés hautement spéculatifs.

> Risques d'effondrement de nombreux PMA confrontés à l'abandon définitif des territoires ruraux et à la concentration explosive de la pauvreté dans les mégapoles.

Aucun pays ne peut connaître de développement économique durable sans une croissance préalable du secteur agricole.

…...pour l'Europe

 

> Perte de compétitivité de l'agriculture européenne et poursuite de la chute des revenus agricoles.

> Bureaucratisation accrue des contrôles et désertification rapide des campagnes.

> Échec de la stratégie de Lisbonne en faveur du développement rural et délocalisation débridée de la production agricole vers les marches de l'Union (Ukraine, Turquie et déjà Pecos).

> Dégradation de l'indépendance de l'Europe qui est déjà en déficit et qui est importatrice nette de l'équivalent de 12 millions d'hectares.

> Affaiblissement des atouts stratégiques et de la spécificité culturelle de la France et de l'Europe.

L'Europe est en train d'abandonner l'unique politique grâce à laquelle elle s'est construite.

Et même pour les États-unis, qui malgré leur système de garantie des revenus des agriculteurs, ne pourront les protéger durablement (coûts, règles de l'OMC,...)

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V
Pour une prise de conscience immédiate
de la communauté internationale…

Car les échanges agricoles, objet des négociations OMC :

 

> sont fortement concentrés (10 régions réalisent 90% des exportations mondiales),

> ne représentent que 10% en volume de la production totale.


Dès lors, soumettre l’avenir de l’agriculture mondiale à des négociations OMC qui ne portent que sur ces 10% échangés est un non sens économique, qui à lui seul justifie une Organisation Mondiale de l’Agriculture.

Car l’existence d’une PAC équilibrée est la condition de base de tout
système de régulation des échanges.

L’Europe occupe en effet une place de partenaire privilégié des PED par le biais des accords préférentiels : les échanges entre l’Europe et les PED dans le secteur agricole sont plus de trois fois supérieur à ceux existants entre les États-unis et les PED.

AINSI

Démanteler la PAC et accepter des compromis à l’OMC sans prendre la mesure des conséquences stratégiques de telles décisions aboutira inéluctablement à :

 

> une profonde déstabilisation des PED,

> une fragilisation du monde occidental y compris les États-unis qui, malgré leur surprotection, ne peuvent soutenir une telle évolution des marchés,

> et donc, des coûts collectifs considérables (économique, social, fiscal, environnemental, psychologique,…)

Or, ces coûts collectifs ne sont même pas mesurés alors que l’on connaît les causes qui les alimentent et les conséquences qui s’en suivent :

Causes : Tendances d’évolution
d’un monde agricole non régulé





Conséquences : Coûts collectifs induits



 
Baisse tendancielle des prix de
marché et du revenu des agriculteurs :
Chômage, abandon des cultures,
désertification des campagnes

 
Nouveaux mécanismes de contrôle et contexte réglementaire de plus en plus complexe : flèche Impact bureaucratique et
conséquences psychologiques
lourdes

 
Modification des comportements de production et nouvelles obligations : flèche Pertes de compétitivité et freins à
l’adaptation

 
Fragilisation du tissu rural et des filières : flèche Disparition de secteurs de production
et effets négatifs sur l’aménagement du
territoire et l’environnement

 
Affaiblissement de la sécurité
d’approvisionnement :
flèche Impact stratégique de dépendance
extérieure

 

Si le principe de précaution était appliqué à l’agriculture, la première des démarches consisterait à évaluer ces coûts collectifs, notamment pour les PMA qui sont encore plus exposés.

Il est donc urgent pour faire face à ces défis, qui sont ceux du 21e siècle, de créer les conditions d’une régulation mondiale des marchés agricoles.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer le Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture dont la France et l’Europe doivent être les inspirateurs.

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VI
La mission de momagri

Ce mouvement répond à notre devoir, celui d'assurer la sécurité alimentaire des peuples garante de l'équilibre, de la paix dans le monde, afin de :

 

« Promouvoir un système de régulation des marchés agricoles à l’échelle mondiale, dans le respect des équilibres économiques, sociaux et environnementaux. »

« Favoriser le développement des échanges dans la mesure où ils contribuent à améliorer la condition de tous les agriculteurs, notamment des pays en voie de développement et à optimiser la sécurité d’approvisionnement pour tous les pays. »

« Renforcer le potentiel de recherche, les capacités d’investissement, de productivité et d’emploi des activités agricoles et agroalimentaires, dans l’objectif d’améliorer constamment la satisfaction et la sécurité des consommateurs. »

« Lutter contre les dérives spéculatives et les soutiens abusifs qui faussent le fonctionnement des marchés au détriment d’un développement durable en créant et en entretenant un modèle d’alerte et d’évaluation des risques. »

« Développer toute action d’information et de sensibilisation qui permette aux institutions internationales et aux pouvoirs publics nationaux de prendre les mesures adéquates pour réguler les marchés mondiaux des produits agricoles. »


Cette OMA sera complémentaire de l'OMC qui n'a pas pour vocation de réguler les marchés agricoles et de combattre la faim dans le monde.

Pour parvenir à ces objectifs, il est urgent de construire un modèle de régulation de l'agriculture mondiale afin de remplacer les modèles existants, qui sous-tendent depuis des décennies les décisions nationales et internationales, car ils sont très imparfaits et dangereux dans l'utilisation qui en est faite.

Un seul exemple suffit à illustrer cette situation :

Le modèle de la Banque Mondiale affirme que la libéralisation des marchés agricoles entraînera un gain pour la collectivité de plus de 350 milliards de dollars (soit moins de 0.8% du PIB mondial !), dont 240 pour les PED.

Ce montant a récemment été révisé par des économistes (en faisant varier certaines hypothèses) et aboutissent à des résultats encore plus faibles, de l’ordre de 25 milliards de dollars par an pour les PED, ce qui équivaudrait à 1$ par habitant et par an !

C'est aussi dérisoire que faux car les accords préférentiels ne sont pas pris en compte et beaucoup de PED s'enfoncent dans la pauvreté avec une émigration agricole alimentée par l'extrême misère des campagnes.

AINSI

Libéraliser l’agriculture sans régulation dans le cadre du cycle de Doha serait une catastrophe pour les PMA alors que le modèle de la Banque Mondiale dit le contraire.

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VII
La démarche de momagri

Il est donc temps de réunir tous ceux qui pensent qu'une autre agriculture mondiale est possible, à la fois innovante et garante des traditions culturelles.

C'est pour cette raison que nous créons le Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture (momagri), qui réunira largement autour du monde agricole tous ceux qui veulent :

 

> donner un sens à notre avenir,
> créer une véritable perspective et rendre à l'agriculture sa place stratégique à l'heure où le monde agricole est plongé dans un profond désarroi.

Ce Mouvement pour une OMA définira de nouvelles régulations agricoles (NRA) en s'appuyant sur :

 

> le nouveau modèle intégrateur, le modèle NRA
> une agence internationale d'évaluation et de notation, l'Agence NRA

C'est ainsi que le Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture :

Mobilisera les personnalités marquantes du monde agricole, des principales filières de production et des industries agroalimentaires.

Associera des représentants non agricoles (scientifiques, ONG, grandes consciences) aptes à élargir le champ de réflexion et à intégrer dans leur discours et leurs actions les thèses et propositions du Mouvement.

S'appuiera sur un noyau d'experts autour d'un ensemble d'économistes de réputation mondiale qui développera le modèle NRA visant à devenir une référence incontournable à l'échelle internationale.

Mettra en œuvre un dispositif d'alerte, d'évaluation et de recommandations qui :

 

> donnera aux autorités gouvernementales le cadre d'une autre politique à l'échelle internationale.
> permettra de mettre en œuvre de nouveaux mécanismes de régulation contribuant à faire évoluer la PAC et les négociations OMC.



L'organisation de momagri

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VIII
Le modèle momagri

Il permettra de prendre en compte les réalités agricoles et de conduire des négociations internationales sur des bases crédibles tout en étant garant d'un développement plus harmonieux de l'ensemble des agricultures du monde.

Le choix que nous avons fait pour répondre à ces exigences est celui d'une approche systémique et d'un modèle de théorie des jeux qui sera construit autour de trois dimensions essentielles pour le secteur agricole :

 

> La dimension économique
> La dimension politique et l'importance des négociations commerciales
> Les principaux autres domaines qui interagissent avec le secteur agricole (environnemental, social, développement, énergie,...)

La Théorie des Jeux est la discipline stratégique qui modélise un secteur ou une situation complexe, non pas coupé du reste de l'économie mais en prenant en compte les interactions qui existent avec son environnement.

Par analogie au corps humain, là où les modèles standard considèrent les organes comme indépendants les uns des autres et donc ne s’intéressent qu’à l’influence d’un unique organe pour établir leur diagnostic final, un modèle de théorie des jeux prendra en compte l’ensemble des organes et leur interaction. On aura ainsi un diagnostic final beaucoup plus complet et apte à décrire les réalités agricoles.

L’intérêt de recourir à une telle approche pour modéliser les réalités agricoles est triple. Elle permettra en effet de :

 

> prendre en compte l’ensemble des spécificités agricoles, en intégrant les autres domaines qui interagissent avec le secteur agricole, comme l’énergie, les transports, les normes environnementales, les règles phytosanitaires, la fiscalité...
> rendre compte de l’importance stratégique de l’agriculture en la replaçant au carrefour des enjeux aussi stratégiques que l’environnement, l’énergie, la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté, ce que les modèles actuels sont incapables de faire.
> donner aux décideurs politiques un modèle servant de nouvelle référence pour les négociations internationales qui leurs permettraient d’apporter une réponse à des questions aussi fondamentales que :
- savoir s’il faut libéraliser, quand et comment,
- comment situer le commerce par rapport à un rôle de sécurité d’approvisionnement et de souveraineté alimentaire,
- comment mettre en place une politique de libéralisation qui aboutisse à une situation stable et pérenne (objectif de l’OMC), c’est-à-dire souhaitée par l’ensemble des régions du monde (car si mesurer l’impact de la libéralisation est une chose, étudier le partage des gains qui en sont issus en est une autre),
- définir les principes d’une gouvernance agricole mondiale.

(Cf. le rapport de momagri « Les modèles agricoles internationaux au banc d'essai »)


L'architecture conceptuelle du modèle momagri

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IX
L’Agence NRA

Elle sera composée d’un réseau d’experts du monde entier qui, à l’égal des agences de notations financières, sociales, environnementales ou éthiques, développera une méthodologie fondée sur un modèle pluridisciplinaire qui permettra de sensibiliser les pouvoirs publics et l’opinion sur les dangers et les dérives des marchés agricoles.

Elle délivrera des avis et des cotations qui pourront mettre en cause la crédibilité de certaines décisions et la pertinence de certains choix politiques ou d’organisation.


Organisation de l’Agence NRA

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Notre programme
Paris, le jeudi 30 octobre 2014