Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

Les modèles actuels faussent les décisions internationales



Les modèles économiques sont la référence des négociations internationales. Qui n’a pas entendu ou lu que l’aboutissement du cycle de Doha s’accompagnerait de plusieurs centaines de milliards de dollars de bénéfices pour la communauté internationale (850 milliards de dollars étaient avancés en 2004, 350 milliards de dollars en 2005) ? Pour aboutir à cela, les modèles économiques synthétisent et quantifient dans le temps les différents effets, parfais contradictoires, d’une mesure ou d’une politique économique, grâce à une simplification de la réalité.

Un modèle a donc les mêmes fonctions qu’une paire de lunettes :

> il doit être adapté aux problèmes de vision spécifiques que l’on a, car on n’utilise pas la même paire pour voir de près ou de loin ;
> il doit être le plus transparent possible car l’objectif est d’avoir une vision précise et fidèle de la réalité.

Tout irait donc bien si les modèles actuellement utilisés (Banque Mondiale, OCDE, FAPRI…) constituaient les bonnes « lunettes » pour les négociations agricoles internationales … le problème est que ce n’est pas le cas !

Pourquoi avoir construit le modèle MOMAGRI ?


Ils sont construits sur des hypothèses inappropriées, inexactes et orientées qui faussent les décisions et conduisent l’agriculture dans une impasse : que ce soit dans le cadre de l’OMC, de la PAC ou de la lutte mondiale contre la pauvreté.

Ils considèrent, en effet :
>que la demande est totalement élastique par rapport aux prix…c'est-à-dire qu’on mangera deux fois plus si le prix est divisé par deux, ce qui est non seulement absurde mais injurieux pour ceux qui meurent de faim
>que l’offre s’ajuste automatiquement à la demande ce qui est l’inverse de la réalité observée sur les marchés agricoles et neutralise totalement les phénomènes spéculatifs.
>que la population de la planète est représentée par un consommateur moyen, occultant ainsi les différences considérables de niveau de vie
>que le plein emploi est assuré…et que ni les coûts de transport ou de l’énergie, ni les taux de change n’ont à être pris en compte.

Bref, ces modèles démontrent que les prix ne sont pas volatils et qu’ils tendront à se stabiliser naturellement dans un monde entièrement libéralisé… alors que les faits disent l’inverse !

Il était donc prioritaire pour le MOMA de construire un modèle spécifiquement adapté à l’Agriculture : le modèle MOMAGRI. L’urgence était d’autant plus grande que les modèles sont utilisés bien au-delà de l’aide à la décision politique : ils façonnent et orientent l’opinion car ils sont instrumentalisés, devenant ainsi de véritables armes stratégiques pour influencer le cours des négociations internationales.
Ne pas maîtriser ce langage conduit donc à se taire : que l’on rappelle l’impréparation des négociateurs Européens lors du cycle de l’Uruguay, qui ne disposaient pas de modèle pour étayer leurs arguments, contrairement aux Américains venus défendre, à grands renforts de simulation, un bien-être général indistinct du leur. Il faut noter que l’Europe ne dispose toujours pas aujourd’hui de modèle agricole international en propre… C’est particulièrement inquiétant à l’orée de la réforme de la PAC et des négociations en cours à l’OMC.

L’existence d’un tel « vide stratégique », couplée à l’approche totalement tronquée de la réalité des modèles utilisés font peser un risque important aussi bien pour la Communauté internationale et en particulier l’Europe car l’agriculture est un secteur spécifique et stratégique.

Comment est-il construit ?

Le modèle MOMAGRI intègre l’ensemble des spécificités de l’agriculture et des variables fondamentales qui lui sont associées, économiques, sociales, énergétiques et environnementales. C’est un modèle d’équilibre général calculable auquel sont reliés sept modules spécifiques indépendants mettant en évidence les interactions entre l’agriculture et les grands enjeux de l’humanité. Ces modules concernent :

> L’évaluation des risques endogènes et des aléas climatiques
> Le niveau de dépendance vis-à-vis de l’étranger
> Les effets sur la pauvreté
> L’innovation
> La préservation de l’environnement
> Le développement durable et l’avenir de la planète
> La croissance et les effets intergénérationnels



En quoi peut-il changer la donne ?

Premier modèle à vocation stratégique, il fonctionnera selon une philosophie d’utilisation inspirée de la théorie des Jeux et il sera un véritable outil d’aide à la décision, tant pour les Etats que pour les Institutions internationales Il facilitera les négociations car elles se dérouleront sur des bases plus réalistes et plus transparentes. Il sera, enfin, accessible en open source (contrôlée par un comité scientifique), afin d’être en permanence amélioré et adapté aux besoins des différents utilisateurs : organisations agricoles, entreprises, pouvoirs publics et instances internationales.

Haut de page
Le modèle momagri
Paris, le jeudi 20 juin 2019