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| | Les améliorations apportées au modèle momagri Le modèle momagri, dont nous avons initié la construction en 2006, a fourni ses premiers résultats en Mars 2008. Contrairement à la plupart des experts et décideurs internationaux qui pensaient que les prix des matières premières agricoles allaient continuer à croître lentement, nous avons démontré que des retournements brutaux des prix pourraient survenir à très court terme, et que la libéralisation non régulée des marchés agricoles s’accompagnerait d’une augmentation de la volatilité des prix, en partie due à la spéculation grandissante sur les marchés à terme. L’actualité nous a donné raison : quelques mois plus tard, la plupart des cours des matières premières agricoles enregistraient des chutes importantes, supérieures à 50% pour certaines. Par la justesse de ses anticipations, et la formalisation de facteurs jusqu’alors négligés, comme la spéculation, le modèle momagri a suscité un intérêt certain, aussi bien en France qu’à l’International. C’est dans un souci d’amélioration permanente que nous poursuivons le développement du modèle momagri, et que nous avons entamé une nouvelle campagne de simulation dont les résultats seront dévoilés lors du prochain Salon de l’Agriculture. Les premiers résultats présentés en Mars dernier ont été obtenus à partir d’une version allégée du modèle momagri, prenant en compte les modules Central et Risque, pour les quatre zones que comporte le modèle. Les améliorations que nous souhaitions apporter au modèle momagri étaient de trois ordres : > Elargir le nombre de zones prises en compte, de quatre à dix ; > Préciser certaines équations, notamment celle relative au chômage ainsi qu’à la spéculation en y intégrant les stocks ; > Intégrer le module « Impacts sur les revenus » ; Le passage de quatre à dix zones Dans se version initiale, le modèle momagri comportait quatre zones : G8, G20, Pays les moins avancés, Reste du monde. Nous avons décidé d’élargir le nombre de zones prises en compte à dix suivant le découpage suivant : Amérique du Nord & Mexique, Amérique du Sud, UE-27, Chine, Inde, Afrique, Russie-Ukraine-Kazakhstan, Afrique du Nord-Proche et Moyen Orient, Reste de l’Asie, Reste du monde. L’objectif d’un tel découpage est de pouvoir mesurer, pour chacune de ces zones, les effets réels d’une libéralisation des échanges agricoles, en tenant compte de leurs spécificités propres en matière d’exposition aux risques, afin de déterminer les gagnants et les perdants. L’activation de certaines équations dans les modules Central et Risque Le passage à dix zones a nécessité de modifier les indices de la plupart des équations qui composent les modules Central et Risque afin de prendre en compte les nouveaux flux existants, notamment commerciaux, entre les différentes zones et au sein de chacune des zones. Par ailleurs, nous avons décidé d’activer l’équation relative au chômage, et d’intégrer une fonction de consommation particulière (appelée fonction Stone Geary) permettant de définir un seuil de consommation incompressible en dessous duquel un ménage ne peut descendre. Enfin, certaines équations relatives au module risque ont été améliorées, et notamment celle qui traite de la spéculation, en y intégrant les stocks comme l’un des variables explicatives. Il est en effet apparu que le faible niveau de stocks internationaux était l’une des causes de la forte volatilité des prix observé sur les marchés. L’intégration du module « Impact sur les revenus » L’objectif du module « Impact sur les revenus » est d’étudier l’impact d’une politique économique ou d’un choc externe sur les revenus des acteurs d’une zone, qu’ils s’agissent des producteurs, des consommateurs ou des États. Pour cela, il a été décidé de segmenter les institutions privées (producteurs et consommateurs) présentes dans les matrices de comptabilité sociale de chacune des zones en deux catégories : « les institutions privées agricoles » et « les institutions privées non agricoles ». Le modèle momagri est le premier modèle multi-pays à sortir de l’artifice de l’agent représentatif selon lequel tous les consommateurs d’une zone sont identiques dans leurs dotations, leurs préférences et leurs consommations. Par cela, nous pourrons évaluer à qui la libéralisation des échanges agricoles bénéficie en priorité : aux ménages qui tirent leur revenu de l’agriculture ou aux autres ? C’est un module essentiel à la prise de décision politique, notamment dans le cadre des négociations de l’OMC, car il est désormais impensable, suite à la crise alimentaire de 2008, que la problématique de la libéralisation des échanges agricoles soit étudiée indépendamment de ses effets sur la pauvreté et l’inégalité au sein des différentes régions du monde. Toutes ces améliorations ont été apportées et formalisées, et nous procédons actuellement aux simulations sur la base de ces changements. Nous serons donc en mesure de disposer des premiers résultats d’ici quelques semaines. Nous procédons par ailleurs à la rédaction de notes de recherche qui détaillent, pour le monde scientifique, le fonctionnement « technique » du modèle, ses résultats et implications. Destinées à être publiées dans des revues académiques internationales, ces notes de recherche seront par ailleurs présentées lors d’un colloque international que nous tiendrons à Paris à la fin du premier semestre 2009 pour présenter à la Communauté scientifique notre modèle et nos résultats. Bastien Gibert, conseiller de momagri | |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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