Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Édito

momagri : rencontres fertiles à Washington D.C.



Par Jacques Carles,
Délégué général du MOMA


Une délégation du MOMA, emmenée par Alain Catala (vice président) et Jacques Carles (délégué général) s’est rendue à Washington D.C. du 10 au 14 Avril 2007. Elle avait pour mission, dans le cadre de l’internationalisation du MOMA, de prendre contact avec des think tanks, des responsables du monde agricole, des journalistes, des économistes et des staffers du Congrès, dans la perspective de tenir prochainement une conférence présentant le MOMA à la communauté internationale.

Ce premier voyage a été très fructueux et a montré combien notre approche, nos travaux et notre volonté de changer la donne, pouvaient être appréciés, voire attendus.

Les quatre principaux enseignements que nous tirons sont les suivants :

1. Nos interlocuteurs ont tous été intéressés à divers titres, par notre projet et par les actions que nous menons notamment au titre du modèle et de l’agence de notation.

Cet intérêt a été d’autant plus marqué que nous situions notre mouvement dans la perspective d’une régulation destinée à améliorer le fonctionnement des marchés plutôt qu’à les encadrer. Cette régulation doit être comprise comme une régulation économico - stratégique par le pouvoir de l’information, et non par la réglementation juridique ou la contrainte.

2. L’idée du MOMA, d’initier une coopération internationale sur les grands domaines qui déterminent l’avenir de l’humanité autour de l’agriculture (préservation de l’environnement, aide au développement et croissance économique dans le cadre d’un libre-échange régulé), a rencontré un écho très favorable.

Lors de nos entretiens, il est apparu que l’idée de cette coopération internationale pourrait reposer sur une association entre les Etats-Unis et l’Europe pour la promouvoir. Mais il faut également noter que fréquemment l’Inde, la Chine et le Brésil ont été cités comme des acteurs majeurs, et la préoccupation des américains quant à la compétition qui s’est engagée, est très perceptible. Il faut souligner à cet égard que nous avons ressenti une vraie demande de la part des Américains pour une stratégie globale autour de l’agriculture.

3. Le travail entrepris par le MOMA de construire un nouveau modèle avec des principes différents, une volonté de se rapprocher de la réalité et la capacité d’apprécier les enjeux liés à l’agriculture, rencontre leur intérêt et leur approbation.

Notre discours, sur la mauvaise utilisation et la fragilité des modèles économiques, a vivement intéressé et a été considéré comme particulièrement constructif dans la mesure où nous avions déjà déterminé les critères et les principes d’un nouveau modèle. Certains de nos interlocuteurs étaient bien conscients de ce problème mais souvent pour des raisons politiques, ils ne s’en étaient pas vraiment souciés. La cause environnementale qui sévit actuellement aux Etats-Unis, la concurrence des pays émergents et les inquiétudes sur la protection du farmer américain, facilitent la compréhension de nos arguments et déterminent donc un véritable intérêt pour le modèle que nous construisons.
La plupart de nos interlocuteurs ont ainsi mesuré la portée du modèle NRA et, toujours sous réserve des résultats que nous fournirons, pensent qu’il apportera des réponses aux nouveaux grands enjeux du XXIème siècle : préservation de l’environnement, lutte contre la pauvreté, développement des biocarburants, … .

4. Le projet du MOMA, de construire une agence d’évaluation et de notation, a suscité un intérêt aussi grand que celui provoqué par le modèle NRA.

Les Américains sont de « chauds partisans » de l’entreprise privée, indépendante et responsable. Une agence de notation qui respecte ces règles, a pour eux plus de valeur qu’une agence gouvernementale ou internationale. Le discrédit dans lequel se trouve la FAO nous a, à cet égard, souvent frappé. Ils considèrent de plus, et à juste titre, que cette agence serait le complément nécessaire au modèle NRA, en approvisionnant tous les acteurs politiques et économiques internationaux en informations relatives à l’agriculture, aux échanges, au développement et à l’environnement.



En conclusion, notre délégation, qui sera cette fois emmenée par Pierre Pagesse (président du MOMA) accompagné de plusieurs fondateurs, se rendra à nouveau à Washington D.C. du 21 au 28 Juin 2007. La conférence du MOMA devrait se tenir au Carnegie Endowment for International Peace le 25 Juin après midi, et des partenariats avec certains think tanks devraient être noués à l’occasion de ce second voyage. Plusieurs économistes américains de grand renom sont susceptibles de devenir des correspondants du MOMA. Enfin, des entretiens sont prévus avec des élus qui, au Congrès, occupent des fonctions de responsables en matière de Commerce International et d’Agriculture.

Vous trouverez dans la rubrique Analyses et Commentaires, un compte rendu des entretiens que nous avons tenus à Washington D.C.
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Paris, le vendredi 18 avril 2014