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|  | | | | Édito | | | | Sur les marchés agricoles, une seule certitude pour 2009 : la volatilité des prix La rédaction de momagri | | Le cercle CyclOpe1, qui a livré mercredi 28 janvier ses prévisions d’évolution de prix en 2009 pour les matières premières, estime que l’année 2009 sera à nouveau une année prospère pour les produits agricoles, à l’inverse de l’ensemble des autres catégories de matières premières. Le directeur du cercle CyclOpe Philippe Chalmin a cru bon d’affirmer, à l’appui de sa présentation, qu’ « après une année comme 2008, il devient presque plus facile que d’habitude de dresser la tendance2» . C’est osé, surtout quant on connait les annonces souvent démenties par les faits des années précédentes. D’après les dernières prévisions du cercle CyclOpe, la plupart des matières premières devraient subir de plein fouet les tendances baissières imposées par la récession mondiale, et la baisse de la demande de matières premières industrielles, excepté les matières premières agricoles : tandis que le rapport prévoit des baisses de prix annuelles d’au moins 10% en règle générale (-50% pour le pétrole, -60% pour le minerai de fer), quatre produits font exception à la règle : le blé, dont le prix devrait se stabiliser au niveau actuel, le cacao (+8%), le maïs (+12%) et enfin le sucre, dont le prix devrait s’accroître de +23%. Parmi les causes avancées, la baisse des emblavements, les conditions climatiques défavorables (notamment en Argentine), et la demande additionnelle d’éthanol. Il y a quelques mois, peu après le paroxysme de la crise alimentaire, ces prévisions seraient presque passées inaperçues au milieu d’un ensemble de prévisions similaires. On se souvient en effet qu’à l’époque, nombreux étaient les experts à affirmer que les prix des matières premières allaient se stabiliser à des niveaux quasiment aussi élevés que ceux constatés au plus fort de la crise. Telle était notamment l’opinion de la FAO, de la Banque mondiale, et de la Commissaire européenne à l’Agriculture Mariann Fischer Boel. Mais il s’agissait d’une vision linéaire de l’avenir, alors que depuis les prix des matières premières agricoles se sont effondrées, pour remonter depuis peu. Il vaut donc mieux être très prudent et envisager un monde beaucoup plus chaotique, comme le note le Parlement européen dans une de ses dernières résolutions3. Peu à peu, la capacité prévisionnelle des projections a été sagement mise en doute. Toutefois, tous n’ont pas revu leur approche prospective – et l’aisance avec laquelle le cercle CyclOpe délivre ses dernières prévisions en est la meilleure preuve. Or, en ces temps de crise, une seule certitude se dessine pourtant : l’incertitude ; ou, pour paraphraser Socrate, la seule chose que l’on sache, c’est que l’on ne sait rien. Un seul exemple souligne plus que tout autre le climat d’incertitude qui caractérise la situation actuelle : en octobre 2008, le Fonds monétaire international (FMI) délivrait une estimation de croissance mondiale pour 2009 aux alentours de 3% ; trois mois plus tard, en janvier 2009, il révisait ses estimations et avançait un taux de 0,5% seulement – soit un arrêt quasi-total de l’économie mondiale, comme le soulignait le chef économiste du FMI O. Blanchard. A tous égards, la seule certitude que l’on puisse dégager quant à l’évolution des cours sur les marchés agricoles a trait à la volatilité des prix. Savoir de combien les prix vont augmenter ou diminuer reste plus que jamais une gageure avec les modèles traditionnels ; comme le souligne d’ailleurs une note de veille du ministère de l’Agriculture et de la Pêche du 25 juillet 2008, « toute volatilité suppose des événements haussiers et baissiers ; les questions principales étant celles de l’ampleur des variations, de leur relatif point médian à venir et de leurs tendances à long terme ». C’est en cela que le modèle momagri, révolutionnaire dans son approche, est essentiel. Modèle de simulation et non de prévision à proprement parler, il permet précisément d’évaluer à partir d’un scénario donné et d’hypothèses distinctes les effets de certains facteurs sur les variations des prix. Ce faisant, il donne une idée sur l’évolution future des prix, et permet de mettre en place les politiques économiques adéquates pour faire face à l’incertitude. Les premières simulations en mars 2008 ont permis de montrer que les prix des céréales étaient susceptibles de chuter rapidement, alors que tout le monde à l’époque pariait sur un maintien de ces prix à un niveau élevé. Elles démontraient aussi que, dans l’hypothèse d’une libéralisation non régulée des échanges sur les marchés agricoles, la volatilité des prix pourrait augmenter, à une époque où la plupart des experts niaient l’effet de la spéculation sur les prix. Depuis un consensus semble s’être établi sur l’existence d’une volatilité importante et d’un effet amplificateur de la spéculation. Mais pour autant, aucun des modèles utilisés, hormis le modèle momagri, n’ont été revus en conséquence. Les deuxièmes simulations, qui sont en cours de réalisation, devraient permettre de déterminer quels seront les probables évolutions des prix sur les marchés agricoles, et, pour la première fois, l’effet d’une libéralisation non régulée des marchés sur les revenus, notamment des agriculteurs des pays pauvres. Ces résultats seront essentiels, car ils mesurent l’impact humain de la grande variabilité des marchés… Et de la situation mondiale d’aggravation de la pauvreté. C’est une avancée majeure. 1 Créé et animé depuis 1985 par l’économiste Philippe Chalmin, le cercle CyclOpe est un groupe de prospective et de prévision réunissant un certain nombre d’experts français spécialisés dans les matières premières. 2 Cité par les Echos, « Les produits agricoles échapperont seuls à la récession, selon CyclOpe », 29/01/2009 3 Résolution non législative McGuinness, « Politique agricole commune et la sécurité alimentaire mondiale », votée le 13/01/2009 | |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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