Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
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  Édito  
 

SOMMET MONDIAL DES JEUNES AGRICULTEURS :
Les jeunes de 60 pays signent un manifeste pour défendre leur place



Arnaud Carpon, journaliste, Terre-net Média


Article paru dans Terre-net Média



A l’occasion de l’année internationale de l’Agriculture déclarée par l’Onu en 2014, JA a réuni une soixantaine de délégations étrangères de jeunes agriculteurs pour signer, en présence de Stéphane Le Foll, un manifeste afin de défendre leur place et leur rôle dans le développement agricole, partout dans le monde.

C’est une première depuis plus de 10 ans. Des jeunes agriculteurs de plus de 60 pays se sont retrouvés à Bordeaux à l’invitation du syndicat JA et de Afdi (Agriculteurs français et développement international) pour débattre de l’installation, de la place et du rôle des jeunes dans le développement de l’agriculture familiale.

A la clé de ce Sommet, la signature, en présence du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, d’un manifeste pour que soit reconnu le métier d’agriculteur au sein de l’Organisation internationale du travail. L’inexistence de cette reconnaissance est un comble car « les agriculteurs familiaux représentent 40 % de la population active mondiale », souligne Thomas Diemer, le président de Jeunes agriculteurs.

Bien que l’agriculture familiale revête de multiples dimensions, que l’on soit en Europe ou dans un pays d’Afrique, le manifeste « ne peut pas être la somme de toutes les revendications propres à chaque pays », poursuit le président de JA. Les jeunes français entendent soutenir leurs homologues étrangers à défendre ce qu’ils revendiquent eux-mêmes en France, à savoir une reconnaissance sociale et juridique, notamment au sein même des coopératives.

Tous les pays aspirent à développer leur agriculture. Mais, souligne Jean-Michel Sourrisseau, chercheur au Cirad, ce développement engendre toujours une baisse de la population agricole. La modernisation des outils a, dans les pays du Nord comme dans les pays en développement, amené à un surendettement. » Autrement dit, l’intensification de l’agriculture ne permet pas toujours de dégager un revenu.

Reste que seulement 2 % des agriculteurs dans le monde sont équipés d’un tracteur ! « Et les écarts de productivité entre les agriculteurs non motorisés et ceux qui le sont vont de 1 à 1.000 », explique le chercheur. « Comment peut-on insérer les agriculteurs les plus pauvres des pays du Sud dans un tel schéma ? »


LA QUESTION UNIVERSELLE DU FONCIER

Dans ce contexte, « l’agriculture familiale est un modèle d’avenir » ont scandé les jeunes agriculteurs, soutenus par Stéphane Le Foll. Mais ce modèle permettant de faire vivre les paysans sur tous les territoires, outre les réticences des banques à prêter des fonds aux jeunes, doit faire face à l’appétit croissant de grands fonds d’investissement. « Même en France le problème commence à se poser » explique Emmanuel Hyest, président de la Fnsafer. « Les techniques actuelles de contournement des règles de préemption des Safer permettent à des sociétés étrangères d’acquérir du foncier dans l’Hexagone. »

Dans les autres pays, la pression foncière de la part des sociétés étrangères, avec, le plus souvent l’aval des gouvernements, continue de croître. « 35 millions d’hectares dans le monde sont détenus par un pays ou des sociétés extérieures », a expliqué Stéphane Le Foll.

Totalement en phase avec l’initiative de JA sur ce sommet, le ministre de l’Agriculture plaide pour de nouvelles discussions sur l’agriculture et le développement du modèle familial. « Nous avions sollicité la Russie pour qu’elle mette l’agriculture au programme de sa présidence du G20. Elle a refusé. Tout comme l’Australie. » La France souhaite que la Turquie renouvelle l’initiative de la France, alors présidente du G20, qui avait organisé en 2011 un G20 agricole avec des mesures pour lutter contre la volatilité des prix.

En attendant de prochaines discussions au sommet des grandes puissances économiques mondiales sur l’agriculture, le ministre ira défendre la cause de l’agriculture familiale, lors d’une journée au Comité sécuritaire alimentaire de la Fao, le 16 octobre. Il y sera question des « principes d’investissements responsables en agriculture ».


Le manifeste international des jeunes agriculteurs

Les jeunes agriculteurs signataires veulent :
    - Une reconnaissance du métier d’agriculteur au sein de l’Organisation internationale du travail;
    - La création d’un mécanisme de représentation des agriculteurs au sein du comité sécuritaire alimentaire de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture);
    - La réactivation des ministérielles agricoles au sein du G20 et l’organisation d’un groupe de réflexion de la profession agricole, le F20, capable de porter une force de proposition sur les enjeux qui seront traités par les ministres de l’Agriculture.

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Paris, le lundi 25 septembre 2017