Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
proteines vegetales
  Édito  
 

Le marché des protéines végétales : un secteur d’avenir



La rédaction de Momagri



La production mondiale de soja et de tourteaux de soja se porte bien, tirée par une forte croissance due notamment à l’augmentation des surfaces allouées : soit une multiplication par 10 en 50 ans et par deux depuis 1997. Autant dire que ce marché est devenu en un demi-siècle particulièrement attractif et stratégique.

La production mondiale de soja est fortement concentrée autour des Etats-Unis, du Brésil et de l’Argentine qui réalisent près de 80% de la production mondiale et couvrent à eux seuls près de 80% des surfaces mondiales. De surcroît, ces zones possèdent d’importantes réserves de croissance de terres cultivées.

Ces puissances agricoles représentent ainsi un poids considérable sur les marchés agricoles mondiaux et ce d’autant plus que la demande mondiale de tourteaux et de soja est soutenue. Elle a été multipliée par 10 en 50 ans et par deux depuis 1997. En effet, les besoins de l’élevage sont en hausse, la demande alimentaire également, tant du point de vue quantitatif, lié à la croissance démographique, que du point de vue qualitatif avec l’évolution des modes de consommation.

Ce commerce international en pleine expansion est surtout tiré par la demande chinoise :
    - Les importations chinoises de soja ont été multipliées par sept entre la fin des années 1990 et 2014

    - La Chine représentait en 2014 75% des importations mondiales de soja contre 20% au début des années 2000.
Par ailleurs, les contraintes qui pèsent sur les protéines animales (rendements stagnants, coûts des intrants, fin des quotas laitiers, etc) accroissent d’autant les potentiels de développement pour les protéines végétales, et font de ce secteur un marché incontournable et d’avenir.

Pourtant, celui-ci est contraint par des prix historiquement instables et hypervolatils. En effet, l’étude de la structure de la volatilité des cotations du soja démontre que la volatilité des prix depuis le début des années 2000 est la plus importante jamais observée : les épisodes de forte volatilité ont cru de 65% sur la période 2004-2013 par rapport à la période 1984-1993. Les épisodes de volatilité extrêmes ont cru de 300% sur la même période.

Il est ainsi capital de savoir si les prix des protéines végétales sont en moyenne plus ou moins volatils et surtout, si les amplitudes de variations de prix et la vitesse de retournement des cours seront ou non, plus importantes à l’avenir. Car ce sont les évènements extrêmes qui ont le potentiel de déstabilisation les plus importants.

La question de l’adaptation à la volatilité de ce marché devient alors essentielle, tant pour les producteurs, les coopératives et les filières agricoles et agroalimentaires, que pour les décideurs car elle conditionne les politiques publiques mises en œuvre, de même que la nature, les modalités et les budgets alloués aux mécanismes de régulation des marchés. L’hypervolatilité croissante des prix plaide ainsi pour une gestion publique effective par le biais de mécanismes spécifiques adaptés : aides couplées et contracyliques, ainsi que des dispositifs d’aides à l’assurance notamment.

Une nécessité bien intégrée par les principaux acteurs des protéines végétales qui mènent des politiques actives en matière de gestion des marchés et des risques qui y sont associés :
    - Les Etats-Unis et le Brésil cherchent ainsi à sécuriser leurs productions nationales par la stimulation de la demande alimentaire et non alimentaire, mais également par le biais de mécanismes contracycliques couplés et d’outils assuranciels des risques de marchés.

    - La Chine et l’Inde mènent des politiques fondées sur des prix minimum garantis permettant notamment de compenser les écarts de prix entre le prix domestique et le prix mondial.
Le marché des protéines est donc une marché stratégique d’avenir pour lequel les grands acteurs mondiaux (tant producteurs que consommateurs) mettent en place des politiques destinées à réguler les prix intérieurs et à accroitre leur compétitivité internationale. Il est à ce titre important que l’Union européenne ne décroche pas par rapport à ses concurrents, et que la PAC permette aux producteurs européens d’améliorer leur visibilité, notamment pour les investissements.


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Paris, le lundi 25 septembre 2017