Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Banque mondiale Joseph Stiglitz
Édito

La sécurité et l’indépendance alimentaire,
un défi majeur pour l’humanité



Compte rendu de l’UMP,


assises sur la sécurité alimentaire



Les enjeux autour de la sécurité alimentaire et l’agriculture reviennent peu à peu sur le devant de la scène politique, comme en témoignent les assises de l’UMP qui se sont tenues le 21 janvier 2010 sur le thème de la sécurité et de l’indépendance alimentaire. Réunissant sous la présidence de Jean-François Copé, un panel d’intervenants de qualité, comme Jacques Diouf, directeur général de la FAO, M. Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Marcel Mazoyer, vice-président d’Alliés et professeur émérite à AgroParisTech, ou encore Doaa Abdel Motaal, conseillère chargée de l’Agriculture au cabinet du directeur général de l’OMC, ces assises se sont inscrites dans une réflexion lancée en juin dernier.

Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale a en effet créé un groupe de travail sur la sécurité et l’indépendance alimentaire, animé par les députés Christian Jacob, président de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, Pierre Lequiller, président de la commission des Affaires européennes, et Patrick Ollier, président de la commission des affaires économiques.

Les assises étaient organisées en trois ateliers dédiés à des thématiques ciblées, et animés par les députés suivants : M. Michel Diefenbacher, Député du Lot-et-Garonne, et Mme Isabelle Vasseur, Députée de l’Aisne, pour l’atelier n°1 sur les outils de régulation internationale, M. Jean-Pierre Dupont, Député de Corrèze, pour l’atelier n°2 sur l’avenir de la PAC, et M. Michel Raison, Député de la Haute-Saône, pour l’atelier n°3 sur les enjeux de la stabilisation des prix et des volumes des denrées alimentaires en France.

L’objectif affiché était d’imaginer de nouvelles formes de régulation des marchés agricoles et de proposer des solutions novatrices pour relever le défi de la sécurité alimentaire mondiale. Avec pour ambition d’être à l’initiative d’un consensus au Parlement européen, en proposant aux présidents des groupes politiques rassemblés au sein du PPE des 26 autres Etats membres un projet nouveau permettant de sortir du blocage actuel.

De nombreux experts étaient présents, à l’instar de momagri dont le travail et les propositions ont trouvé un écho très favorable auprès des parlementaires. Il est heureux que les groupes politiques se saisissent enfin de ces questions vitales pour l’avenir de la France, de l’Europe et du Monde ; il faut espérer que cette prise de conscience puisse mener à un réel travail de fond sur les modalités de mise en œuvre, et débouche in fine sur des politiques concrètes.

La rédaction de momagri




I. Les conclusions du Groupe UMP pour une nouvelle gouvernance agricole
et alimentaire mondiale


Atelier 1 : « A la recherche de nouveaux outils de régulation internationale » :

    - Président : M. Christian Jacob, Président de la Commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire
    - Rapporteurs : M. Michel Diefenbacher, Député du Lot-et-Garonne, Mme Isabelle Vasseur, Députée de l’Aisne
Proposition n°1 : Réinvestir massivement dans l’agriculture.

Proposition n°2 : Réorienter prioritairement les politiques de lutte contre la faim en direction des populations rurales des pays en voie de développement ayant comme cible prioritaire le développement de la productivité de l’agriculture familiale.

Proposition n°3 : Réduire la perte aux champs dans les pays en voie de développement qui représentent encore au moins 30% du volume de production totale.
Cela suppose l’amélioration des infrastructures de transport, conservation et stockage ainsi que le développement de l’accès aux marchés.

Proposition n°4 : Favoriser la production vivrière destinée au marché local et protéger la biodiversité, notamment en Afrique subsaharienne, afin de réduire les importations. L’Afrique a le potentiel pour nourrir sa population avec ses fortes potentialités agricoles.

Proposition n°5 : Investir pour une meilleure maîtrise et une meilleure gestion de l’eau, priorité majeure. Sur les 42 millions d’hectares du potentiel d’irrigation, 1/3 seulement est utilisé. En Afrique 7% seulement des terres sont irriguées contre près de 40% en Asie.

Proposition n°6 : Soutenir le commerce équitable par la mise en œuvre de politiques publiques adaptées. (…)

Proposition n°7 : Mettre en œuvre une nouvelle gouvernance agricole et alimentaire mondiale, fondée sur une Organisation mondiale de l’agriculture. Cf. MOMAGRI, Mouvement pour une Organisation Mondiale de l’Agriculture.

Proposition n°8 : Mettre l’agriculture et la sécurité et l’indépendance alimentaire sur la table des négociations internationales de l’après Copenhague.

Proposition n°9 : Intégrer la « finance climat » à l’aide au développement dans le cadre des négociations internationales.

II. Les conclusions du Groupe UMP pour une PAC forte et ambitieuse

Atelier 2 : « L’avenir de la PAC » :

    - Président : M. Pierre Lequiller, Président de la Commission des Affaires européennes

    - Rapporteur : M. Jean-Pierre Dupont, Député de Corrèze
Proposition n°10 : Encourager le développement d’une agriculture de production compétitive qui assure la sécurité des approvisionnements de l’Europe et favorise le développement d’un « modèle alimentaire européen », basé sur la qualité et la diversité des produits agricoles et un développement équilibré des territoires. Ceci exige de maintenir les deux piliers de la PAC.

Proposition n°11 : Lancer une réflexion européenne sur une harmonisation du droit du travail dans le secteur agricole, notamment dans le domaine du travail saisonnier.

Proposition n°12 : Promouvoir une agriculture durable, respectueuse de l’environnement, participant à la croissance verte et à la préservation du potentiel agricole.

Proposition n°13 : Mettre en œuvre une nouvelle régulation européenne des marchés agricoles.

Les principales préconisations pour y parvenir sont :
  • améliorer la gouvernance des professions agricoles et l’organisation des filières et promouvoir la contractualisation au sein des filières agricoles ;
  • améliorer les outils de gestion des aléas économiques ;
  • promouvoir un « serpent monétaire agricole » européen de manière à réduire la fluctuation des prix des produits agricoles.
Un prix d’équilibre pour chaque produit agricole serait défini, prenant en compte un niveau de rémunération équitable pour les producteurs et un prix de vente raisonnable pour les consommateurs. Une zone de fluctuation libre de ce prix serait alors négociée par les Etats membres avec un prix plancher et un prix plafond.

Si ces seuils sont atteints, les Etats membres entreraient dans un processus de négociation pour décider s’il est nécessaire ou non d’intervenir sur le marché du produit concerné. En cas d’échec, une procédure de sauvegarde serait mise en œuvre.

Proposition n°14 : Accroître la recherche et l’innovation en matière agricole pour contribuer à l’équilibre alimentaire mondial.

Proposition n°15 : Lancer une campagne d’information européenne sur la sécurité et l’indépendance alimentaire, ainsi que sur le soutien à l’agriculture, à l’attention de l’opinion publique.

III. Les conclusions du Groupe UMP pour une agriculture de production, compétitive et durable

Atelier 3 : « Les enjeux de la stabilisation des prix et des volumes des denrées alimentaires en France » :
    - Présidents : M. Patrick Ollier, Président de la Commission des Affaires économiques, M. Serge Poignant, Vice-président de la Commission des Affaires économiques

    - Rapporteur : M. Michel Raison, Député de la Haute-Saône
Proposition n°16 : S’appuyer sur les instruments de régulation des marchés prévus dans le cadre de la PAC, notamment les instruments structurels de renforcement de l’efficacité de l’offre agricole (organisation économique, amélioration qualitative).

Proposition n°17 : Améliorer les connaissances dans le domaine de la formation des prix et des marges en matière des denrées agricoles ainsi que la transparence des relations commerciales, en particulier par le renforcement des pouvoirs de l’Observatoire des prix et des marges.

Proposition n°18 : Favoriser un rééquilibrage des relations entre les opérateurs au sein des filières, notamment par l’instauration de contrats écrits entre producteurs et acheteurs.

Proposition n°19 : Accroître la compétitivité de l’agriculture française, grâce à une meilleure organisation des producteurs et par le renforcement des interprofessions.

Proposition n°20 : Améliorer l’efficacité des instruments de couverture des risques climatiques et économiques en cas de crise.




Lors de la séance de synthèse des assises, les idées de momagri sont ressorties clairement parmi les propositions retenues. En particulier, l’idée d’asseoir la régulation des marchés agricoles sur un système proche du serpent dans le tunnel, avec une variation libre de prix dans le tunnel et une intervention de l’Etat en dehors des bornes, est un projet auquel momagri réfléchit depuis plusieurs années. A l’heure actuelle, ce système semble être le plus indiqué pour faire face à la volatilité des prix sur les marchés agricoles internationaux. Le fait que l’UMP en souligne la pertinence en l’intégrant dans ses propositions laisse espérer que de réelles avancées concrètes soient faites en la matière.

La rédaction de momagri

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Paris, le jeudi 2 octobre 2014