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Édito |
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La libéralisation du commerce agricole au cœur des débats à Berlin
La rédaction de momagri
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Lors de la 76ème édition de la « Semaine Verte » berlinoise, considérée comme le plus grand salon de l’agriculture du monde, la question de la libéralisation du commerce agricole a été au cœur des discussions entre 50 ministres de l’Agriculture réunis pour l’occasion, le 24 janvier 2011. Alors que le contexte international est de plus en plus turbulent, des divergences continuent de persister entre les Etats sur les tenants et les aboutissants d’une plus grande libéralisation des marchés agricoles.
Depuis quelques semaines, l’actualité internationale se révèle pour le moins mouvementée: forte volatilité du cours des matières premières agricoles sur les marchés financiers, flambée du prix des denrées alimentaires dans certains pays en voie de développement, nouvelles émeutes de la faim dans les pays du Maghreb, aléas climatiques détruisant les récoltes, augmentation des chiffres de la faim dans le monde…Dans un contexte de plus en plus turbulent, la communauté internationale cherche à trouver un consensus et à élaborer des propositions communes.
A Berlin, les ministres de l’Agriculture de 50 pays ont tout d’abord souhaité rappeler les nombreux risques politiques et sociaux que peut entraîner une flambée du prix des denrées alimentaires.
De ce constat unanime, ils se sont mis d’accord sur trois objectifs majeurs:
- La lutte contre la faim dans le monde ;
- Le combat contre la spéculation sur les marchés financiers ;
- La recherche des solutions concrètes via une coordination des politiques agricoles, de développement, ainsi que des politiques commerciales et financières.
Ce faisant, ils ont rediscuté de l’état d’avancement des négociations du Cycle du Doha qui visent à pousser plus loin la libéralisation des marchés agricoles.
Dans le cadre de ces discussions, le directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) Pascal Lamy, a de nouveau déclaré que les chances de clore le cycle seraient en 2011, « nettement meilleures que l'an dernier à la même époque ». Rappelons que les négociations de Doha, qui doivent aboutir à lever les droits de douane de milliers de produits et réduire considérablement les subventions à l'agriculture, ont commencé en 2001 dans la capitale du Qatar, mais sont au point mort depuis plus de deux ans en raison de la remise en cause du bien fondé du Cycle de la part des pays développés et en voie de développement.
Pour faire face aux crises actuelles, les 50 pays présents à Berlin ont avancé deux options possibles et complémentaires : l’augmentation de la production par une hausse des rendements et une libéralisation plus poussée du commerce agricole. Lors du Forum Economique de Davos qui vient de s’achever, certains chefs d’Etat et de gouvernement comme Angela Merkel et David Cameron, ont appelé à la conclusion du cycle de Doha, avec pour objectif de relancer la croissance mondiale. Aussi l’année 2011 ne déroge pas à la règle : à chaque début d’année, les chefs d’Etat invitent la communauté internationale à se mobiliser pour conclure le Cycle de Doha durant l’été.
Face à ces déclarations, et comme à chaque fois, il est cependant préférable de faire preuve de sagesse et de ne pas en tirer de conclusions hâtives.
Car, au-delà de ces déclarations de bonnes intentions, les intérêts continuent de diverger sur les modalités d’application de la libéralisation du commerce. Chaque pays pense à avant tout à sa propre stabilité, ce que résume bien le ministre canadien Gerry Ritz : « Chacun cherche d’abord à soutenir sa propre infrastructure, et ensuite à commercer avec les autres ».
Aussi, tous les Etats ont politiquement intérêt à déclarer vouloir relancer la dynamique de libéralisation dans le cadre du Cycle de Doha afin d’envoyer à la communauté internationale le signal positif d’un retour à la confiance et à la coopération. Pourtant, au niveau économique, la majorité des Etats membres ne sont toujours pas « acheteurs » du package proposé à Doha.
Cette schizophrénie est en réalité le problème inhérent du cycle de Doha, également appelé, à tort, Cycle du développement.
N’oublions pas que le Cycle de Doha ne constitue pas une fin en soi, mais uniquement un moyen parmi d’autres d’organiser les échanges internationaux, afin d’optimiser durablement les équilibres économiques dans le monde.
Dès lors, la véritable question qui doit être posée si l’on souhaite prendre les problèmes actuels à bras le corps, est la suivante: quel rôle doit jouer le commerce international pour accroître la croissance mondiale et la sécurité alimentaire internationale ?
Pour y répondre, il est important de commencer par le commencement et évaluer les bénéfices réels d’une libéralisation du commerce à l’aune des évènements récents, notamment la financiarisation croissante des marchés agricoles. Une première étape nécessaire pour ensuite, aborder sereinement à la question du « comment ? ». |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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