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Édito |
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La France n’a jamais cessé d’être un pays agricole
Christian Jacob,
Député-Maire de Provins
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Président du Groupe UMP de l’Assemblée Nationale |
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Actuellement Député-Maire de Provins et Président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, Christian Jacob s’est toujours intéressé de près aux questions agricoles. Agriculteur-éleveur de profession, il a été Président du Centre National des Jeunes Agriculteurs en 1992, puis député européen et Président de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen. Dans un ouvrage récemment paru, intitulé Le bon sens en politique, il revient sur le rôle fondamental du secteur agricole en France, du point de vue stratégique, économique et social. Selon lui, il est nécessaire de réguler les marchés afin de protéger l’agriculture dont dépendent la souveraineté et la puissance de la France et de l’Europe.
La rédaction de momagri
La France est-elle encore une grande puissance agricole ? Certains en doutent au regard de la diminution du nombre d’exploitations agricoles depuis un-demi siècle. En réalité, si l’on veut se contenter des chiffres – démarche contestable en soi – il faut en regarder d’autres : la France est le 1er producteur européen de produits agricoles et agroalimentaires, le 1er exportateur mondial de produits agroalimentaires transformés (9,1 milliards d’euros d’excédent commercial), la 3ème puissance agricole mondiale. Le secteur agroalimentaire est le premier secteur industriel français, il compte 13000 entreprises qui réalisent 145 milliards d’euros de chiffre d’affaires et fait vivre directement ou indirectement 20% de notre population active !
Même si elle compte moins de paysans, la France n’a jamais cessé d’être un pays agricole. Pour une raison simple : nous n’avons jamais oublié qu’en agriculture les activités de transformation et de production sont étroitement liées. Dans la chaîne alimentaire, on est gagnant si la production est proche de la transformation, du conditionnement et de la distribution.
Le maintien d’un secteur agricole puissant est pour la France une question cruciale, car notre indépendance alimentaire en dépend. D’une manière générale, si je suis un partisan de la liberté d’entreprendre, je ne crois pas que le marché se régule lui-même. Laisser le marché agir sans aucune régulation peut aboutir à un blocage de l’économie et à des situations de monopole qui renforcent inexorablement les plus forts et affaiblissent, symétriquement, les plus faibles. Je suis partisan de la régulation des marchés grâce à des normes sociales, sanitaires, environnementales et financières.
S’il est un domaine où la régulation s’impose plus que dans tout autre, c’est bien celui de l’alimentation. La nourriture, ce ne sont ni des clés à molettes ni des roulements à billes. Les céréales, les légumes, les fruits, la viande, les produits laitiers sont des bien précieux et uniques. La puissance publique doit pouvoir peser sur les marchés notamment en situation de pénurie ou de surstock. L’autosuffisance alimentaire est sans doute la question centrale pour une nation qui aspire à être respectée. C’est notre souveraineté, rien de moins, qui est en jeu. La problématique de l’alimentation mondiale est une question géopolitique majeure. Elle a été au cœur du pacte fondateur de la construction européenne. Elle sera déterminante à l’avenir pour légitimer l’Union européenne aux yeux de nos concitoyens qui attendent d’elle qu’elle soit active dans la défense des grands équilibres mondiaux. Sans agriculture, ni la France, ni l’Europe ne seront puissantes. |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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