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Édito |
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La Chine joue sur les taux d'intérêt et de change pour lutter contre « l'agflation »
La rédaction de momagri
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Après la mise en place de différentes mesures visant à mieux encadrer la volatilité des matières premières agricoles au début de cet été1, le gouvernement chinois a fait savoir mercredi 17 novembre son intention de mettre en place une politique de contrôle des prix. L'objectif est « d'améliorer le système de subventions, d'ajuster si nécessaire les prix de vente de certaines denrées et de combattre la spéculation sur les produits alimentaires. »
En effet, les prix continuent d'augmenter: l'indice des prix à la consommation a progressé de 4,4% en un an. Les denrées alimentaires sont particulièrement touchées : le coût moyen de 18 variétés de légumes de base a augmenté de 62,4% en un an dans plus de 36 grandes villes. « Nous pouvons comprendre les inquiétudes de la population concernant la hausse relativement rapide des prix alimentaires et des autres produits de première nécessité », a annoncé la Commission nationale du développement et de la réforme.
Cette forte hausse des prix agricoles résulte de la conjonction de plusieurs facteurs dans un contexte de demande intérieure soutenue :
- un afflux massif de liquidités vers l'agriculture via les marchés à terme, suite au surinvestissement dans le secteur de l'immobilier chinois. Une part des liquidités disponibles s'est, en effet, repliée sur les matières premières et les produits agricoles, contribuant ainsi à la hausse du coût des denrées alimentaires et des prix à la consommation en général.
- un afflux de liquidités internationales, notamment américaines. La décision de la Banque centrale américaine de conserver ses taux directeurs à des niveaux bas a favorisé les investissements à l'étranger dans les pays émergents bénéficiant d'un fort taux de croissance. Comme d'autres pays, la Chine a été concernée par ce nouvel afflux de liquidités qui s'est concentré sur son marché le plus porteur, celui de l'agriculture.
- les mauvaises conditions climatiques en Chine qui ont, cette année, influé sur le prix anticipé des récoltes et sur leur volatilité.
Pour tenter de remédier à cette augmentation des prix que certains considèrent comme de l'inflation « importée », le gouvernement chinois a décidé différentes mesures :
- Un encadrement rigoureux des prix agricoles et alimentaires pour éviter toute volatilité extrême qui ne correspondrait pas aux fluctuations « naturelles » observées sur les marchés agricoles.
- Des mesures de déstockage en puisant dans les réserves nationales. Ainsi, depuis la fin du mois de septembre, 62 400 tonnes de porc et 410 000 tonnes de sucre ont déjà été introduits sur les marchés.
- Des mesures monétaires par une appréciation des taux directeurs pratiqués par la Banque centrale chinoise de manière à freiner l'afflux de liquidités et des investisseurs sur les marchés agricoles.
- Des mesures financières par une appréciation « modeste » du Yuan visant à accroître le pouvoir d'achat des consommateurs chinois pour acheter des produits agricoles et alimentaires renchéris.
Les mesures décidées par la Chine sont capitales et elles confirment trois grandes tendances :
1. La volatilité et l'inflation des prix agricoles et alimentaires sont aujourd'hui au cœur des préoccupations des grandes puissances agricoles, confirmant bien par là le fait que la question agricole est de nouveau un sujet central dans les politiques économiques mondiales.
2. Si les mesures envisagées pour juguler l'inflation et la volatilité sont multiples, un consensus international se dessine sur la nécessité d'encadrer les prix agricoles et alimentaires, et mettre en place une politique de stockage efficace gérée à différents échelons (national, régional, mondial).
3. Les taux de change et les politiques monétaires définies par les Banques centrales constituent deux vecteurs puissants de stabilisation des prix et de compétitivité de l'agriculture nationale dans un monde globalisé et libéralisé.
Ces trois tendances sont fondamentales et elles doivent servir de base à la réflexion qui est actuellement menée dans différentes enceintes pour construire ou reconstruire une gouvernance mondiale à la fois plus juste, pérenne et efficace.
1 Cf article momagri© du 14 juin 2010 : http://momagri.org/FR/regards-sur-l-actualite/La-Chine-prend-des-mesures-contre-la-volatilite-sur-les-marches-agricoles_700.html |
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Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
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| | Paris, le mardi 22 mai 2012 |
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