Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Terre-net
  Édito  
 

Chine : des besoins croissants en céréales



Frédéric Hénin, rédacteur en chef de Terre-net
et Thierry Pouch, économiste à l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture


Article paru dans Terre-net Magazine (n°15)


L’empire du Milieu ne peut pas faire face à l’augmentation de la demande de produits carnés et laitiers, sans recourir aux importations de denrées prêtes à consommer ou de matières premières agricoles. En jeu : le développement de ses filières animales. De sa stratégie d’approvisionnement dépendra, en grande partie, l’équilibre géopolitique des prochaines années.

En Chine, un dogme s’effondre : celui de l’autosuffisance alimentaire, sur lequel le pays a fondé son développement économique depuis 40 ans.

Car, avec une croissance économique de plus de 9% par an, des consommateurs friands de produits laitiers et carnés et des ressources foncières limitées, l’empire du Milieu n’a pas d’autres choix que celui d’importer des matières premières agricoles indispensables pour nourrir ses élevages et les denrées alimentaires que le pays n’est pas en mesure de produire.

Comparées à l’ensemble de ses échanges commerciaux (1 600 milliards de dollars), ces importations ne portent que sur 3 à 4% des transactions commerciales. Mais, la Chine accuse un déficit agroalimentaire de 23 milliards de dollars et fait trembler tous les marchés agricoles qu’elle approche.

Les quantités concernées sont en effet impressionnantes. Les 58Mt de fèves de soja importées mobilisent, par exemple, 60% du commerce mondial. En maïs, la Chine accentue les tensions sur les marchés en important des tonnages substantiels depuis deux ans (3Mt en 2011).

Quantités impressionnantes

Cette évolution ne peut que s’amplifier, puisque la demande en viande bovine et en produits laitiers ne cesse de croître à un rythme qui ne permet pas, à la Chine, de se doter des moyens nécessaires pour devenir autonome en fourrage. Les ressources naturelles encore disponibles sont faibles. Du foin est importé des Etats-Unis et les pâturages sont surexploités. Enfin, les élevages de bovins lait et viande, de très petite dimension, sont peu performants.

En bovins viande, 95% des animaux sont détenus par des petits éleveurs possédant moins de cinq animaux. En bovins lait, ce pourcentage est égal à 75%.

Jusqu’à une période récente, les gros bovins étaient élevés et nourris pour être employés comme force de travail. Le lait et la viande constituaient des sous-produits. L’alimentation des Chinois étaient alors essentiellement végétarienne.

Terre-net
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Paris, le jeudi 27 novembre 2014