|
|
 |
|
Édito |
|
|
A Davos, une nouvelle approche de l’économie se dessine
La rédaction de momagri
|
|
Du 26 au 30 janvier, s’est tenue la 41e édition du Forum économique mondial de Davos en Suisse. L’occasion pour quelques 2500 chefs d’Etat et de gouvernement, grandes consciences, économistes, hommes d’affaires, ou représentants de la société civile, de faire le point sur les dossiers-clés du moment : la crise de la dette en Europe, la guerre des monnaies, la place des pays émergents dans la nouvelle économie mondiale, la reprise du Cycle de Doha, mais aussi l’urgente nécessité de réguler les marchés agricoles.
Sur cette dernière question, plusieurs points de consensus ont émergé, et quelques propositions ont été avancées.
Les participants de Davos ont tous admis que les marchés agricoles étaient actuellement très turbulents et que les cours des matières premières agricoles connaissaient une volatilité excessive. L’instabilité des marchés agricoles et l’inflation des denrées alimentaires « est un sujet majeur de préoccupation », a ainsi déclaré le président de la Banque mondiale Robert Zoellick. D’autres experts ont également tiré la sonnette d’alarme : cette hausse du coût de la nourriture pourrait avoir des conséquences sur le prix des autres marchandises, provoquant une inflation mondiale généralisée. Quant à l’économiste Nouriel Roubini, qui avait prédit la crise financière de 2008, il s’est aussi inquiété de cette flambée des denrées alimentaires et des ses conséquences néfastes pour la stabilité politique et économique des pays en voie de développement.
Toutefois, s’il y a eu unanimité sur le constat, tel n’est pas le cas sur les propositions pour y remédier. Les voix sont restées discordantes parmi les intervenants et seules deux propositions ont été avancées :
- Une meilleure transparence sur les marchés de matières premières agricoles, et notamment des stocks alimentaires ;
- Une limitation du rôle des spéculateurs sur les marchés des matières premières agricoles avec par exemple, une fermeture des marchés quand les prix dépassent un certain niveau.
Si celles-ci ont le mérite de traiter les deux « visages » des marchés agricoles, physiques et à terme, elles restent largement insuffisantes face à l’ampleur des problèmes à régler.
Pour le Président de la Banque Mondiale Robert Zoellick, ces mesures resteraient globalement inopérantes du fait des mutations rapides des marchés financiers: « Quelle que soit la nouvelle régulation financière que vous mettrez en place, elle ne sera probablement pas adaptée à la prochaine crise », a-t-il déclaré.
Les déclarations de Robert Zoellick ne sont pas dénuées de vérité :
Le monde dans lequel nous vivons a profondément changé. Or, jusqu’à aujourd’hui, c’est l’approche économique traditionnelle qui a dominé, approche selon laquelle la stabilité des marchés est la règle, et la crise, une exception à cette règle. Les outils d’évaluation des risques et les modèles économiques utilisés dans le monde de la finance, ont beaucoup reposé sur cette logique « simpliste » d’un monde où les risques sont à la fois identifiables, quantifiables et mutualisables.
Les évènements récents ont cependant montré les limites, voire les dangers de cette approche : ce que l’on pensait hier impensable, peut non seulement se produire demain, mais se répéter les jours suivants. En fait, les marchés sont structurellement instables, même si parfois, il existe de courtes périodes d’accalmie car ils évoluent dans un contexte d’incertitude généralisée.
Une nouvelle manière d’appréhender l’avenir est donc nécessaire, qui place la régulation comme une condition sine qua non au bon fonctionnement des marchés. |
|
| |
| | |
|
| |
|
Pour une régulation des marchés agricoles et une gouvernance alimentaire mondiale | |
| |
| | |
| |
|