Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Paris, le 21 Juin 2011

SGPA (Soutiens Globaux à la Production Agricole) :

Un nouvel indicateur pour favoriser la transparence et l’émergence d’une gouvernance mondiale de l’agriculture


La Présidence française du G20, qui s’efforce d’obtenir un consensus international sur l’indispensable amélioration de la régulation des marchés agricoles mondiaux, insiste sur un préalable : la transparence des informations sur les marchés agricoles, physiques et financiers.

Selon momagri, cette exigence doit aussi s’appliquer à toutes les formes de soutiens directs et indirects alloués à l’agriculture et à l’alimentation dans la perspective du renforcement de la coopération internationale que la France appelle de ses vœux.

C’est dans cet esprit que le think tank momagri publie les premiers résultats de son indicateur appelé SGPA (Soutiens Globaux à la Production Agricole).

L’indicateur SGPA est une grille d’analyse unique qui s’appuie sur une nomenclature internationale permettant de comparer les montants et la finalité des soutiens publics, budgétaires, extrabudgétaires et financiers, destinés à l’agriculture.

Appliqué aux Etats-Unis et à l’Union Européenne, sur la période 2006-2009, les résultats sont sans appel : les Européens ont dépensé en moyenne sur les cinq dernières années, deux fois moins pour leur agriculture que les Etats-Unis, si l’on intègre également toutes les formes de soutiens indirects, tels que l’impact des taux de change, l’aide alimentaire interne ou les mesures fiscales.

Momagri prévoit d’étendre son travail aux politiques agricoles menées au Brésil, en Chine, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux principaux pays producteurs afin de poursuivre les comparaisons et d’aboutir en 2012 à un classement international des principales politiques de soutien agricole dans le monde.

Télécharger l’étude synthétique SGPA

Contact presse:
Dominique Lasserre
+ 33 6 62 23 34 45
dominique.lasserre@momagri.org

 
 
L’indicateur SGPA appliqué aux Etats-Unis et à l’Union européenne

L’indicateur SGPA Etats-Unis – Union Européenne montre ainsi qu’en 2009 :

- l’Etat américain soutient sa filière agricole à hauteur de 57% de la valeur de la production agricole des Etats-Unis et l’Union Européenne à hauteur de 21% seulement, soit un rapport d’1 à 2,7.
Soit, 162,3 milliards de Dollars aux Etats-Unis et 81,3 milliards d’Euros dans l’Union Européenne, par an.
- rapporté au nombre d’habitants de chaque pays, le rapport est d‘1 à 2,4 entre l’Union Européenne et les Etats-Unis.
Soit, par habitant, 190 Euros dans l’Union Européenne et 455 Dollars aux Etats-Unis, en parité de pouvoir d’achat, par an.

Globalement, l’écart des soutiens américains et européens à leur agriculture s’est creusé au cours des années 2006 à 2009.

« Ces chiffres présentent non seulement la réalité des ressources allouées à l’agriculture, mais permettent aussi d’analyser les différences dans les modalités de soutien et leur efficacité face à la volatilité des cours agricoles », indique Jacques Carles, délégué général de momagri et ancien administrateur à la Commission européenne, chargé des budgets agricoles.

Premier enseignement intéressant de la comparaison des indicateurs SGPA Etats-Unis / Union européenne, la politique américaine est beaucoup plus réactive aux variations des prix agricoles internationaux que la politique européenne, ce qui permet de soutenir plus efficacement le revenu des agriculteurs.

Comment ? Par des soutiens contra cycliques à la production et par la stimulation de la demande domestique via l’aide alimentaire interne, qui n’est pas assimilable à un revenu de substitution, de nombreuses aides au revenu étant dispensés par ailleurs, sans compter le réseau très dense des organisations caritatives.

Second enseignement découlant du précédent, la flexibilité des outils de régulation américains est une caractéristique majeure alors que le principal dispositif européen, celui des DPU (les Droits à Paiement Unique, soit 38% de l’ensemble des soutiens agricoles versés en 2009, mesure découplée des volumes produits) est totalement rigide, insuffisant quand les prix sont bas et critiqué quand ils sont élevés.

L’approche SGPA permet non seulement de comprendre le sens d’une politique agricole, mais aussi son coût réel et son degré d’adéquation aux besoins économiques et sociaux du monde de l’agriculture. Comme le souligne Pierre Pagesse, fondateur et président de momagri, « Les avantages et inconvénients des systèmes de soutien américain et européen apparaissent clairement ce qui remet fondamentalement en cause le cadre de négociation de l’OMC où l’Union Européenne figure, à tort, au banc des accusés ».

Ainsi que le précise Pierre Pagesse, lorsque l'étude comparative sera faite avec les autres grands pays agricoles, « il sera alors possible de prendre conscience que ces Etats ont tous des dispositifs variés, mais significatifs, pour soutenir leur agriculture, véritable atout géostratégique dans un monde qui comptera bientôt 9 milliards d’hommes ».

 
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Communiqués de presse
Paris, le jeudi 23 octobre 2014