Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

Communiqué de presse

Paris, le 19 avril 2006

OMC : Comment échapper aux pièges des négociations

Quelques jours avant le 30 avril 2006, date fixée comme terme souhaitable de la négociation sur les « disciplines »1, prévu par l’accord de Hong-Kong, le MOMA publie sur son site internet www.momagri.org un numéro spécial d’analyses stratégiques et de propositions pour la conduite des négociations afin d'éviter que le cycle de Doha ne mène à une impasse ou à des décisions irréversibles.

Ce numéro est composé de quatre dossiers destinés à mobiliser les responsables politiques, professionnels et associatifs pour qu’ils conduisent selon une approche nouvelle et avec la plus grande vigilance les négociations agricoles.

Le risque, sinon, est grand que des concessions inadmissibles mettent en cause l’avenir de millions d’agriculteurs en Europe et dans les pays en développement : n’oublions pas que le secteur agricole fournit emplois et revenus à 40% environ de la population mondiale !

Nous diffusons ainsi pour la première fois un bulletin d'« Alerte » qui préfigure ce que sera un des modes de sensibilisation de l’Agence d’évaluation et de notation que le MOMA a décidé de créer en 2007. Les sujets de négociation les plus difficiles y sont présentés avec, d’une part, les risques que comporteraient des issues inadéquates au regard d’une bonne régulation des activités agricoles dans le monde et, d’autre part, les propositions du MOMA.

Trois autres dossiers sont développés :


- « Redonner un sens aux négociations commerciales multilatérales de l’OMC »,
par Michel Jacquot, avocat chez Gide Loyrette Nouel
- « Doha : quelle stratégie pour l’Union européenne face aux Etats-Unis »,
par Jacques Carles, délégué général du MOMA
- « Un modèle peut en cacher un autre
ou la stratégie de contournement des
États-Unis via la Fondation Carnegie »
.


Christine Lagarde, ministre déléguée au Commerce extérieur exprime dans une tribune qu’elle nous a accordée, sa réflexion sur la nécessaire rénovation des systèmes d’analyse qui déterminent le cours des négociations internationales. Cet engagement en faveur d’une plus grande rigueur dans l’approche des réalités nous semble indispensable et nous permet de croire que la France, et à travers elle l’Europe, vont peut-être défendre avec plus de hardiesse non seulement notre indépendance agricole, gage de notre sécurité alimentaire, mais aussi l’avenir du secteur agricole des pays en développement sans lequel aucun équilibre durable n’est envisageable à court et moyen terme.

Et Pierre Pagesse Président du MOMA rappelle l’ardente obligation de ne pas se laisser aveugler par l’illusion que l’agriculture, les services et l’industrie sont les cartes interchangeables d’une tournée de poker où les bonnes intentions tiennent lieu de mise.

Trois mois après avoir utilisé comme faire-valoir les résultats soi-disant très positifs du modèle de la Banque Mondiale pour vanter les mérites d’une libéralisation des échanges de produits agricoles, beaucoup reconnaissent depuis peu que ce modèle a surévalué les gains pour les pays pauvres. Mieux, nombreux sont ceux qui estiment qu’ils auraient beaucoup à y perdre.

Nous avions dès le début du mois de décembre dernier dénoncé ces résultats et révélons aujourd’hui que le modèle Carnegie, présenté à Genève et utilisé en mars dernier à Londres lors des dernières simulations de l’OMC, n’est qu’une adaptation « cosmétique » du modèle de la Banque mondiale. D’autres modèles de substitution de même nature sont susceptibles d’apparaître au gré de la « démonétisation » des modèles officiels. Le but est toujours le même : vanter la poursuite de la libéralisation des échanges sans trop se poser de questions sur les conséquences et faire l’économie d’une action concertée pour instaurer une régulation mondiale dans le domaine agricole autrement plus sensible que toute autre activité humaine.

C’est la raison pour laquelle le MOMA s’est donné pour priorité principale d’élaborer un nouveau modèle économique selon des principes de construction totalement nouveaux qui intègrent des critères fondamentaux comme les effets sur la pauvreté, les risques climatiques et de marché, l’innovation en s’affranchissant des hypothèses d’école telles la concurrence pure et parfaite ou l’illusion d’un consommateur « moyen » à l’échelle mondiale. C’est plus difficile, mais tellement plus nécessaire !

En tout cas, de grands économistes nous ont rejoint et notre équipe, désormais composée de dix personnes, travaille avec le sentiment d’une véritable urgence à l’échelle planétaire.

C’est enfin après avoir décrypté le système américain de soutien à l’agriculture2, que le MOMA démontre que les marketings loans et les paiements contracycliques sont les principaux facteurs de déstabilisation des marchés agricoles à l’échelle mondiale et qu’il est possible et essentiel de leur appliquer les termes de l’article 6 de l’accord de Hong-Kong qui prévoit « l’élimination parallèle de toutes les formes de subventions à l’exportation et des disciplines concernant toutes les mesures à l’exportation d’effet équivalent » !

Il est grand temps de révéler que les Américains avancent en tenue de camouflage et que les négociations de l’OMC en sont totalement faussées.

Cette option stratégique est la seule qui permettra à l’Europe et aux pays en développement d’extraire les négociations du marché de dupes où elles s’enlisent. Le dossier « Doha : quelle stratégie pour l’Union européenne face aux Etats-Unis » en décrit les ressorts et les méthodes pour en sortir, comme la création d’une « boîte marron » qui globaliserait les boîtes oranges et bleues. C’est à cette seule condition que l’on pourrait échapper à ces cloisonnements qui fonctionnent comme des pièges lorsque chaque pays, et surtout les Etats-Unis, les utilisent comme des « trappes à protectionnisme ».

1 C'est-à-dire moment de convergence des intentions souvent très éloignées réunies avec peine dans le texte de l’accord de Hong-Kong.
2 « Radiographie des soutiens américains à l’agriculture », www.momagri.org
.

Contact presse : Dominique Lasserre
+33 (0)1 43 06 42 70
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Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
5, rue Saint-Germain l'Auxerrois - 75001 Paris
www.momagri.org


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