Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 26 novembre 2008


En s’engageant à « mettre en œuvre des réformes destinées à renforcer les marchés financiers et les régimes de régulation afin d’éviter de futures crises », les membres du G20 réunis à Washington ont soulevé de grands espoirs. Mais en ne s’intéressant qu’à la crise financière, la communauté internationale passe à côté de l’essentiel : la persistance et la probable aggravation d’une crise alimentaire et agricole qui mine les objectifs de développement qu’elle s’est fixée.

C’est pourquoi momagri demande que les régulations agricole et financière soient toutes les deux inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réunion du G20, prévue d’ici le 30 avril 2009 à Londres. Des mesures de régulation financière sont certes indispensables et urgentes mais, elles seraient de portée limitée face à la spéculation et à la volatilité des prix qui menacent l’équilibre agricole et alimentaire de la planète. Rappelons que :
> un milliard d’hommes meurent de faim, deux milliards vivent sous le seuil de pauvreté et beaucoup, y compris dans les pays riches sont menacés de basculer dans la précarité, quand les prix sont trop élevés ;
> des agriculteurs, partout dans le monde, sont menacés de faillite quand les prix de vente de leur production s’effondrent alors que les coûts de production explosent.

Cette instabilité, amplifiée par la financiarisation des marchés alimente l’exode rural, l’hypertrophie des mégapoles et son cortège de pauvreté, de malnutrition et d’insécurité.

Cette instabilité rend impossible l’objectif de « réduire de moitié le nombre des personnes sous alimentées d’ici à 2015 » fixé par le Sommet mondial de l’Alimentation de 1996. Le directeur de la FAO, Jacques Diouf, le président Clinton ont déjà tiré la sonnette d’alarme.

La solution ne réside pas dans la relance du cycle de Doha ! Le danger serait grand de banaliser, à nouveau, l’agriculture et l’alimentation dans une négociation commerciale qui n’a jamais su prendre en compte leurs spécificités.

Ayant intégré ces spécificités, momagri a présenté dès juillet 2008 à Bruxelles 10 propositions pour une politique agricole et alimentaire internationale. Elles s’appuient sur un modèle économique et un dispositif de régulation et de gouvernance qui répond aux enjeuxCes propositions ont ensuite été présentées en juillet aux Etats-Unis puis en Chine à la mi-octobre. Elles seront également présentées à Rome, aux ambassadeurs de la FAO, le 9 décembre prochain.

Le temps presse ! Les prix agricoles ont subi une chute encore plus importante que celle des marchés financiers, ce qui montre l’urgence de réguler les marchés agricoles et alimentaires et de s’affranchir des « a priori » idéologiques qui bloquent les prises de décisions.

De même, la régulation doit aussi être pleinement intégrée dans les réflexions du bilan de santé et de l’évolution de la PAC. A cet égard, le compromis européen du 20 novembre est absurde. N’est-il pas indécent de démanteler un peu plus ce qui reste des mécanismes de régulation et d’appeler les agriculteurs à « réagir aux signaux du marchés » au moment même où, faute de règles, la volatilité des prix est telle que ces signaux sont indéchiffrables ?La PAC est plus nécessaire que jamais. Elle doit être rénovée, sans renier ses principes fondateurs. Elle doit être intégrée dans le cadre d’une Politique Agricole et Alimentaire Internationale.

La régulation des marchés agricoles doit devenir partie intégrante des travaux du G 20.
C’est la vision de momagri.
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Paris, le jeudi 20 juin 2019