Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Christian Pèes,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.

Communiqué de presse

Paris, le 10 mai 2006

Le Sénégal et le Bénin s’engagent avec momagri

pour une régulation des échanges agricoles permettant
de concilier libéralisme et développement

Une délégation du MOMA, emmenée par Pierre Pagesse, s’est rendue du 2 au 6 mai au Sénégal et au Bénin pour rencontrer le Président du Bénin, Yayi Boni, les ministres de l’Agriculture et du Commerce des deux pays ainsi que plusieurs responsables d’organisations professionnelles agricoles.

Les échanges ont été marqués par une grande convergence de vue et par une volonté très ferme d’œuvrer ensemble pour initier une régulation mondiale des marchés agricoles qui assure le développement des pays pauvres tout en préservant les agricultures des autres pays du monde.

Cet enjeu est celui d’une gouvernance mondiale ayant pour priorité d’organiser les marchés internationaux autour de prix d’objectif assurant une rémunération minimale des agriculteurs au lieu de multiplier les subventions et les compensations a posteriori.

L’exemple emblématique qui nous a été chaque fois présenté est celui du coton. Les producteurs africains sont contraints de vendre à perte car les prix mondiaux sont très bas ; ils ne peuvent donc plus emprunter, sauf à des taux usuriers de 15 à 20 %... et la production de coton chute : au Bénin, elle a été divisée par deux en 2005 !

Et, pendant ce temps, les États-Unis donnent l’illusion de faire un geste en supprimant leurs subventions à l’exportation (de faible ampleur) mais en maintenant les soutiens internes (marketings loans et paiements contracycliques) qui procurent aux cotonniers américains un prix plus que satisfaisant : deux fois le cours mondial !

C’est dans ce contexte que nos entretiens à Dakar et à Cotonou ont démontré à quel point la démarche du MOMA était nouvelle et attendue :

> Nouvelle, parce que nous proposons une méthode, l’utilisation d’outils adaptés au secteur agricole, qui prend en compte les interactions entre l’agriculture, les autres secteurs de l’économie, l’environnement, le niveau de développement, la santé...

Ainsi la construction du modèle économique NRA (nouvelles régulations agricoles) et la création d’une Agence de notation des politiques agricoles, sur le modèle des agences de notations financières, ont considérablement intéressé nos interlocuteurs africains. Tous, qu’ils soient paysan, chef d’entreprise, ministre ou président, ont immédiatement compris la cohérence, l’efficacité et la nouveauté de cette démarche.

> Attendue, parce le MOMA apparaît comme un projet construit et réaliste qui comble un vide. Nombreux sont les Africains à ne plus croire ni à l’OMC, ni au FMI et encore moins à la Banque mondiale. Il est nécessaire de remédier à cette décrédibilisation en permettant à ces institutions de jouer pleinement leur mission dans un cadre régulé qui concilie libéralisme et développement.

Yayi Boni, le nouveau Président du Bénin nous a d’ailleurs assuré non seulement de son soutien mais de sa volonté de travailler avec nous pour construire des solutions que tous dans son pays attendent.

Les Ministres du Commerce et de l’Agriculture du Sénégal nous ont pressé pour que nous expliquions au plus grand nombre et dans les plus brefs délais, ce travail nécessaire de rénovation de la pensée internationale.

Inutile de dire que les responsables de ces deux pays envisagent les négociations de l’OMC comme des débats qui ne les concernent plus. Et nous ne serions pas étonnés que les pays d’Afrique de l’Ouest s’abstiennent de signer un quelconque accord auquel pourraient parvenir l’Europe, les États-Unis, le Brésil et d’autres car ils se sentent non seulement floués mais abandonnés !

Le MOMA qui a été au cours de ce voyage conforté dans son action, propose donc que, au sein du cycle de Doha, les priorités soient inversées. Essayons d’avancer sur les services et l’industrie, là où aucun progrès n’a été fait, et décidons un moratoire pour l’agriculture.

Et ce moratoire ne serait pas très long car nous serons en mesure de présenter lors du prochain Dakar agricole (au second trimestre 2007) des solutions concrètes fondées sur les premiers résultats du modèle NRA et confortées par les avis de l’Agence de notation et d’évaluation des politiques agricoles, que nous aurons entre-temps créée.

Contact presse : Dominique Lasserre
+33 (0)1 43 06 42 70
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Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
5, rue Saint-Germain l'Auxerrois - 75001 Paris
www.momagri.org


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