Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Chiffres-clés de l’Agriculture
  1/2 Plus d’un individu sur deux souffrant de la faim dans le monde est un agriculteur
 
925 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde1.
98% vivent dans les pays en développement et 55% sont des agriculteurs2.

Ce sont donc paradoxalement ceux qui cultivent la terre qui ne peuvent plus se nourrir!

Pourquoi ? Parce que dans de nombreux pays, l’activité agricole n’est pas rémunératrice. Conséquence, de plus en plus d’agriculteurs sont obligés de quitter la terre.

Il y a donc un problème de niveau de revenu agricole, et ce dans tous les pays du monde.

Un phénomène de paupérisation des agriculteurs

Pour momagri, trois raisons principales expliquent ce phénomène :

- La volatilité des cours agricoles s’est accrue depuis le début des années 2000. Ces fluctuations des prix déstabilisent les marchés agricoles : « quand les prix sont bas, ce sont des centaines de millions de [..] producteurs [..] qui se privent de nourriture et quand les prix sont hauts, ce sont des centaines de millions de consommateurs [..] qui se privent à leur tour 3»

- La baisse des cours sur les marchés internationaux des principaux produits agricoles accentuée par la pratique de prix de dumping a appauvri un nombre croissant d’agriculteurs : les prix de vente des produits agricoles sont bien souvent inférieurs aux coûts de production 4.

- Le démantèlement des politiques agricoles et la libéralisation non régulée du commerce international à partir des années 1990 ont exposé les paysans à une volatilité excessive des marchés agricoles internationaux et à une baisse de leurs chiffres d’affaires.
Et le modèle momagri l’a démontré dès 2008 !

Une baisse des revenus des agriculteurs

L’hypothèse d’une libéralisation non régulée du commerce agricole international aurait pour
 
conséquence une baisse du chiffre d’affaires des agriculteurs : Seuls les exploitants agricoles des pays émergents exportateurs comme le Cône sud de l’Amérique y gagneraient !

Source : modèle momagri, 2009

Il est désormais clair que les orientations de l’OMC conduiraient à aggraver la pauvreté du monde rural dans les pays les plus pauvres, mais aussi dans de nombreux pays industrialisés.

C’est pourquoi des politiques agricoles visant à réguler les marchés, investir dans l’agriculture et à renforcer la compétitivité des agriculteurs sont la condition sine qua none pour sortir les agriculteurs de la pauvreté et, ainsi, encourager la production.

Une gouvernance agricole et alimentaire mondiale constitue le préalable à la mobilisation de toutes les agricultures de la planète pour nourrir la population mondiale.

Et ce d’autant que les prévisions de croissance de la population mondiale se sont encore accélérées : la planète devrait compter 8,3 milliards d’individus dès 2030.

La production agricole sera donc plus que jamais stratégique pour tous les Etats du monde qui devront trouver des solutions pour que les agriculteurs puissent vivre de leur activité (pas de production sans revenu !).

Momagri plaide pour la création d’un Conseil de Sécurité Agricole mondial sur le modèle du Conseil de Sécurité de l’ONU, pour anticiper et faire face aux crises alimentaires grâce à une coopération internationale renforcée.

1 FAO, 2010
2 Source: statistiques 2010, Food and Agriculture Organization (www.fao.org) et Programme alimentaire mondial (www.wfp.org/)
3 Cf Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, La Fracture alimentaire mondiale.
4 Cf Marcel Mazoyer, Développement agricole inégal et sous-alimentation paysanne
Haut de page
Paris, le samedi 19 avril 2014