Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Chiffres-clés de l’Agriculture
La volatilité des prix agricoles : un phénomène spécifique, dangereux pour la sécurité alimentaire
 
Les prix agricoles ont toujours été volatils et ce depuis que les marchés agricoles existent.

Sous la pression d’un environnement économique plus instable, ce phénomène s’accentue dangereusement, menaçant la sécurité alimentaire.

Ainsi, au cours des dernières années, des variations intra-annuelles extrêmes ont été relevées, pouvant aller jusqu’à 100% !

Considérant l’ampleur de ce phénomène, la France a initié un Plan d’Action sur la Volatilité des Prix en 2011 dans la cadre du volet agricole du G20.

Toutefois, alors que les causes commencent à être admises, les experts sont encore divisés sur les mesures politiques pour la combattre…

Evolution journalière de l’indice Goldman Sachs pour les matières premières agricoles (1971-2011)1

La volatilité des prix agricoles s’explique par la conjonction unique de risques exogènes et endogènes.

Selon leur origine, les risques qui influent la production et les prix agricoles sont exogènes ou endogènes. Cette distinction est essentielle pour définir les mesures de régulation appropriées.

- Les risques exogènes sont indépendants des acteurs de marché et proviennent des aléas climatiques ou des crises épizootiques. Ce sont les raisons les plus fréquemment avancées par les experts pour expliquer l’origine de la volatilité des prix agricoles.

- Les risques endogènes sont provoqués par les comportements des acteurs agissant sur les marchés, des agriculteurs aux spéculateurs. Ces risques sont la principale source de la volatilité des prix agricoles :
  • Premier risque endogène : les choix individuels d’assolement ou d’élevage des agriculteurs, fondés sur des anticipations imparfaites. Ils sont irréversibles au cours de leur cycle de production.
 
Même si l’agriculteur peut décider de plus ou moins bien soigner sa culture, cette irréversibilité rend difficile l’ajustement de l’offre à la demande. Et ce d’autant que la demande est non élastique par rapport au prix.
  • Deuxième risque endogène : les comportements des spéculateurs sur les marchés financiers qui tendent depuis les années 2000 à amplifier les déséquilibres propres aux marchés agricoles.
En l’absence de stocks régulateurs, il suffit d’un écart de 1 % à 2 % entre l'offre et la demande pour générer des variations de cours de 50 à 100 % ! De fait, les décisions d’Etats, telle la Russie au cours de l’été 2010, de suspendre ses exportations, pour des motifs de protection de leur sécurité alimentaire, peuvent enflammer la spéculation sur les cours agricoles.

La libéralisation non régulée des échanges agricoles, amplificateur de la volatilité

Dans un contexte de marchés agricoles guidés par des comportements complexes d’acteurs (agriculteurs, spéculateurs, Etats), le libre jeu des forces du marché ne sera pas l’antidote ultime à l’hypervolatilité des prix et aux crises alimentaires. Pire il ne fera qu’exacerber la volatilité des prix.

C’est ce que montrent les projections du modèle momagri, qui intègre les risques exogènes et endogènes spécifiques aux marchés agricoles.


Source : FAO, 2011, momagri 2012



Pour Momagri, il est urgent de mettre en place des politiques de régulation sur les marchés physiques et financiers visant à réduire la volatilité des prix agricoles et à prévenir ses conséquences, qui sont désastreuses pour tous les producteurs et consommateurs du monde. La volatilité peut en effet conduire à des émeutes de la faim et à une destruction du potentiel agricole dans certaines régions du monde.

1 Standard & Poor’s, Goldman Sachs Commodity Index - Agriculture, série journalière 1971-2011 (2012).
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Paris, le mercredi 17 septembre 2014